Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent sans élan lundi face aux nombreuses incertitudes qui entourent la santé économique américaine et la trajectoire monétaire de la Fed, en l'absence de nombreuses données-clés avec le "shutdown".

En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris grappillait quelque 0,03% et Londres 0,04% quand Francfort prenait 0,11% et Milan 0,33%. En Suisse, le SMI perdait 0,16%.

"Après avoir célébré la fin du plus long shutdown de l'histoire des États-Unis au début de la semaine dernière, les marchés ont pris le parti de la prudence", résument les analystes de Natixis.

"On espérait que la fin du +shutdown+ (paralysie budgétaire, ndlr) offrirait une meilleure visibilité monétaire, mais elle brouille au contraire les perspectives immédiates", explique par ailleurs John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

Après un mois sans chiffres officiels, "les prochaines statistiques américaines risquent en effet d'être partielles, voire peu fiables, en raison des perturbations accumulées dans la collecte des données", note-t-il.

La fermeture des services publics a en effet retardé la publication de données économiques cruciales du côté de l'inflation et de l'emploi notamment, deux critères clés pour la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Le marché attend notamment cette semaine le rapport sur l'emploi en septembre aux États-Unis, qui était quasiment prêt quand le "shutdown" a démarré le 1er octobre.

Et "au-delà de l'emploi, plusieurs publications retardées éclaireront les estimations du PIB américain du troisième trimestre", relève Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank, comme la production industrielle en octobre et la balance commerciale pour août.

Les investisseurs prêteront aussi attention à la publication des Minutes de la réunion monétaire de la Fed mercredi.

"Les responsables de la Fed ont tempéré les espoirs d'une baisse des taux en décembre, soulignant les inquiétudes persistantes liées à l'inflation", soulignent par ailleurs les analystes de Natixis. "En conséquence, le marché a revu à la baisse ses anticipations de baisse des taux."

Dans ce contexte, le billet vert prenait 0,12% face à la monnaie unique, à 1,1606 dollar pour un euro vers 08H20 GMT.

Tensions autour de Taïwan

Les groupes liés au tourisme comme les compagnies aériennes, cosmétiques ou encore les grands magasins ont plongé lundi à la Bourse de Tokyo, après que la Chine a recommandé à ses ressortissants d'éviter de voyager au Japon, en pleine passe d'armes au sujet de Taïwan, au risque de fragiliser ce secteur-clé de l'économie nippone.

A l'origine du regain de tensions: la nouvelle Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré le 7 novembre que si "une situation d'urgence" à Taïwan impliquait "le déploiement de navires de guerre et le recours à la force, cela pourrait constituer une menace pour la survie du Japon".

A la Bourse de Tokyo lundi, le fabricant de cosmétiques Shiseido a dévissé de 9,07%. Parmi les grands magasins prisés des touristes, Mitsukoshi a lâché 11,30%, Takashimaya 6,17%, et Pan Pacific (enseignes Don Quijote) a perdu jusqu'à 9,7% en séance.

Les compagnies aériennes Japan Airlines JAL et ANA ont abandonné environ 3,5%.

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé en timide baisse (-0,10%).

Les places chinoises manquaient également d'élan, la Bourse de Hong Kong perdant 0,73% dans les derniers échanges. Shanghai a terminé en baisse de 0,46% et Shenzhen de 0,11%.

Bitcoin et pétrole sous pression

La fin de l'optimisme lié à la levée du shutdown aux États-Unis est également visible sur le bitcoin, la star des cryptomonnaies étant très sensible à l'aversion au risque des investisseurs.

Il est tombé lundi en début d'échanges asiatiques à 92.935 dollars, au plus bas depuis fin avril.

Le bitcoin perdait 0,81% à 95.765 dollars vers 08H20 GMT.

Les cours du pétrole sont également sous pression, "des signes montrant que le port de Novorossiïsk (ville portuaire russe sur les bords de la mer Noire, dans la région de Krasnodar, ndlr) a repris ses opérations", commentent les analystes de DNB.

Le Brent de la mer du Nord perdait 0,63% à 63,98 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI cédait 0,76% à 59,63 dollars le baril.

afp/al