Paris (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux font le pari de l'optimisme mardi avec le recul des prix du pétrole, voulant croire à la possibilité d'une résolution du conflit au Moyen-Orient, tandis que débute la saison des résultats d'entreprise.

En Europe, Paris a pris 1,12%, Francfort 1,27% et Milan 1,36%. Londres n'a gagné que 0,25%, mais elle a été ralentie par ses majors pétrolières qui ont pâti du recul des prix du brut.

A Wall Street, à la mi-séance vers 15H50 GMT, le Dow Jones glanait 0,67%, l'indice Nasdaq prenait 1,60% et l'indice élargi S&P 500 progressait de 1,00%.

Les marchés sont confiants quant à la situation au Moyen-Orient, après plusieurs jours de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran.

"Même si on ne voit pas beaucoup de vraies nouvelles positives, le simple fait qu'il y ait des discussions suffit à rassurer", explique à l'AFP Stanislas de Bailliencourt, directeur adjoint des investissements de Sycomore AM.

Après l'échec des négociations entre Téhéran et Washington, le président américain Donald Trump a assuré lundi que l'Iran voudrait "faire un accord, à tout prix". Son vice-président, JD Vance, a lui déclaré que la "balle est dans le camp" des Iraniens.

Le baril sous 100 dollars

"Le marché est convaincu que cette guerre est entrée dans une nouvelle phase, qui mènera à la fin des combats et à une réouverture de la voie maritime", selon Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

Dans ce contexte, les cours du pétrole reculent mardi, sous les 100 dollars. Vers 15h50 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, cédait 2,95% à 96,43 dollars, tandis que le WTI, son équivalent américain, perdait 5,39% à 93,74 dollars.

L'optimisme se manifeste aussi sur le marché obligataire, avec un recul des taux d'intérêt des dettes des États européens. Le rendement du "Bund" allemand sur dix ans reculait à 3,02% contre 3,09% la veille, et son équivalent français à 3,66% contre 3,75% lundi soir.

"La Banque centrale européenne (BCE) ne semble pas disposée pour l'instant à augmenter les taux pour contrer les pressions inflationnistes", justifie Christopher Dembik, de Pictet AM.

Le dollar, qui a grimpé tout au long de la guerre en bénéficiant de son statut de valeur refuge et de monnaie internationale du marché du pétrole, reculait de 0,33% face à l'euro, à 1,1798 dollar pour un euro.

Reste que l'économie mondiale devrait pâtir cette année des conséquences de la guerre au Moyen-Orient, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) actualisées mardi, avec une croissance dans l'ensemble limitée à 3,10%, contre 3,30% attendus auparavant.

La saison des résultats débute, LVMH déçoit à Paris

Avec cette accalmie, le "marché pourrait détourner son attention de la géopolitique pour se concentrer sur les résultats financiers" des entreprises, espère Kathleen Brooks. La saison des publications de résultats débute en effet cette semaine.

A Paris, LVMH, première capitalisation du CAC 40 et numéro un mondial du luxe, a publié lundi un chiffre d'affaires en repli de 6% au premier trimestre, pénalisé par la guerre au Moyen-Orient. Après avoir nettement reculé durant la séance de mardi, son titre a fini à l'équilibre (-0,06%).

Au contraire, le titre du géant publicitaire Publicis a pris 2,00%, après avoir confirmé mardi ses objectifs annuels.

Et à Wall Street, ce sont les groupes financiers américains qui ont ouvert le bal.

BlackRock (+4,46%), le plus gros gestionnaire d'actifs au monde, a publié mardi des résultats qualifiés de record en 2025, dopés par des marchés boursiers très dynamiques l'an dernier ainsi que par des commissions en hausse.

Toujours dans la finance, Citigroup (+1,53%) était saluée pour ses résultats au-dessus des attentes, tandis que Wells Fargo (-4,99%) pâtissait d'un chiffre d'affaires moins bon qu'escompté. JPMorgan Chase a fait mieux qu'attendu par les marchés au premier trimestre mais son titre n'en profitait pas (-0,45%)

afp/cw