Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont clôturé en ordre dispersé vendredi, et tous les regards sont désormais tournés vers la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) la semaine prochaine, à l'issue de laquelle une réduction des taux est largement anticipée.

En Europe, Francfort a pris 0,61%. Paris est restée stable (-0,09%). Londres a perdu 0,45% et Milan 0,20%. A Zurich, le SMI a gagné 0,33%.

A Wall Street, le Dow Jones a gagné 0,22%, l'indice Nasdaq a pris 0,31% et l'indice élargi S&P 500 a progressé de 0,19%.

"Cela a été une journée relativement calme", indique à l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

Les investisseurs ont accueilli en début de séance l'indice d'inflation PCE pour le mois de septembre, retardé à cause de la longue paralysie budgétaire ("shutdown") de 43 jours qui a touché les Etats-Unis.

Dans le détail, selon les chiffres officiels publiés au cours de la séance, l'inflation sous-jacente, hors prix volatils de l'énergie et de l'alimentation, a légèrement ralenti à 2,8%, contre 2,9% le mois précédent.

"En plus d'être datées (...) ces données n'ont réservé aucune surprise", estime Art Hogan. "Et cela n'a pas changé la donne" sur les attentes du marché en termes de politique monétaire.

Les investisseurs anticipent toujours massivement une nouvelle réduction des taux d'un quart de point à l'issue de la réunion de la Fed le 10 décembre, ce qui constituerait la troisième détente consécutive.

Pour M. Hogan, "le nombre de dissensions" au sein du comité de politique monétaire "ainsi que les projections économiques" pour l'année prochaine seront particulièrement scrutés par les investisseurs.

Les personnalités votant sur les taux directeurs sont très partagées sur la conduite à tenir face aux signaux envoyés par l'économie américaine.

Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans se tendait légèrement vers 21H15 GMT, à 4,14%, contre 4,10% à la clôture jeudi.

Côté changes, le billet vert restait parfaitement stable par rapport à la monnaie unique européenne à 1,1644 dollar pour un euro.

Netflix rachète Warner Bros

Le géant du streaming Netflix va racheter le studio de cinéma et de télévision Warner Bros Discovery pour près de 83 milliards de dollars, ont annoncé les deux entreprises américaines dans un communiqué commun vendredi.

Cette acquisition permet à Netflix d'acquérir un immense catalogue de films, mais aussi le service de "streaming" HBO Max. C'est la plus grosse opération de consolidation dans le domaine du divertissement depuis le rachat de Fox par Disney, pour 71 milliards de dollars en 2019.

A New York, Netflix a terminé dans le rouge (-2,89% à 100,24 dollars) et Warner Bros Discovery (WBD) s'est envolé (+6,28% à 26,08 dollars).

Paramount Skydance, qui était également en lice pour le rachat de WBD, a dégringolé de 9,82% à 13,36 dollars.

Le pétrole avance

Les prix du pétrole ont gagné du terrain, toujours poussés par le surplace diplomatique concernant la guerre en Ukraine, mais aussi par une vague de froid aux Etats-Unis qui pourrait accroître la demande de combustibles de chauffage.

Le prix du baril de Brent a progressé de 0,77% à 63,75 dollars et le baril de West Texas Intermediate a avancé de 0,69% à 60,08 dollars.

"Au vu de la situation géopolitique entre la Russie et l'Ukraine, il semble peu probable qu'un accord de paix soit conclu dans un avenir proche", commente auprès de l'AFP Phil Flynn, de Price Futures Group.

De nouveaux entretiens entre Ukrainiens et Américains sont prévus pour vendredi à Miami en vue de discuter du plan de Washington visant à mettre fin à la guerre, a annoncé à l'AFP un responsable à Kiev.

L'Argentine revient sur le marché de la dette

Le gouvernement argentin va émettre des obligations en dollars à échéance de quatre ans, marquant ainsi son retour sur les marchés internationaux pour financer sa dette, a annoncé vendredi le ministre de l'Economie Luis Caputo.

Ces obligations, assorties d'un taux d'intérêt de 6,5%, seront les premières émises par Buenos Aires depuis 2018, a précisé le ministre. L'Argentine négocie actuellement un prêt d'environ sept milliards de dollars auprès de banques et doit faire face à des échéances de dettes supérieures à quatre milliards de dollars en janvier.

afp/rp