Les actions européennes ont progressé jeudi, portées par la détente des cours du brut, bien que les investisseurs restent prudents quant à la capacité des derniers développements au Moyen-Orient à déboucher sur un accord de paix durable.

Le contrat à terme sur le Brent a reculé de 2,8% à 95,06 dollars le baril après qu'Israël et le Liban ont convenu mercredi de mettre en oeuvre un cessez-le-feu.

Toutefois, les espoirs d'une désescalade plus large ont été tempérés par le rejet de l'accord par le Hezbollah et la déclaration d'Israël selon laquelle il ne retirerait pas ses troupes du Liban, compliquant ainsi les efforts du président américain Donald Trump pour forger un pacte de paix avec l'Iran.

Les opérateurs de marché attendent des preuves plus tangibles d'une percée possible après plusieurs cycles de négociations infructueux.

L'indice paneuropéen STOXX 600 a clôturé en hausse de 0,5% à 624,45 points, soutenu par le secteur de la santé où la biotech française Abivax a bondi de 17,8%, rebondissant après ses pertes du début de semaine.

Le STOXX 600 reste néanmoins en voie d'accuser un léger repli hebdomadaire, alors que le détroit d'Ormuz, voie de transit cruciale pour le pétrole mondial, demeure en grande partie fermé.

Les pressions inflationnistes persistantes ont conduit les marchés à intégrer une hausse des taux de 25 points de base de la part de la Banque centrale européenne lors de sa réunion de la semaine prochaine, selon les données de LSEG.

'Le relèvement de taux largement télégraphié pour la semaine prochaine révèle une préférence pour l'endiguement des risques inflationnistes haussiers plutôt que pour le traitement des risques de ralentissement de la croissance', a déclaré un groupe d'analystes macroéconomiques dirigé par Rune Thyge Johansen chez Danske Bank.

'Nous prévoyons que (Christine) Lagarde conservera une totale faculté d'adaptation concernant la trajectoire future des taux, y compris une éventuelle seconde hausse estivale', ont ajouté les analystes de Danske Bank.

Le compartiment des semi-conducteurs s'est replié, Infineon Technologies et STMicroelectronics cédant respectivement 3,4% et 2,6%, dans le sillage de la publication par le fabricant américain Broadcom d'un chiffre d'affaires au deuxième trimestre inférieur aux attentes.

'Le manque d'exposition majeure de l'Europe à la technologie l'a pénalisée par le passé, mais cela l'aide aujourd'hui, car les investisseurs opèrent une rotation au détriment de la tech vers des segments défensifs et de valeur (value)', a souligné Steve Sosnick, stratège de marché en chef chez Interactive Brokers.

Les valeurs du logiciel et des services informatiques ont poursuivi leur redressement après les fortes ventes liées aux craintes de disruption par l'IA. Capgemini, Nemetschek, Dassault Systèmes, SAP et Sopra Steria ont progressé dans une fourchette comprise entre 6,39% et 8,79%.

Les titres des sociétés financières britanniques exposées à la Chine ont reculé après que les médias chinois ont rapporté que les résidents du continent faisaient face à des restrictions accrues pour l'ouverture de comptes offshore dans les grandes banques de Hong Kong. HSBC, Standard Chartered et Prudential ont lâché entre 1,8% et 7,6%.

Parmi les variations individuelles, Rémy Cointreau a grimpé de 9,8% après que son directeur général Franck Marilly a présenté un plan de redressement sur trois ans, précisant que le groupe de spiritueux visait une augmentation du résultat opérationnel d'environ 100 millions d'euros (116 millions de dollars).

L'action Puma a gagné 4,5% après que Citigroup a relevé sa recommandation de 'neutre' à 'acheter'.