Le STOXX 600 a clôturé une séance volatile sans grand changement mercredi, les investisseurs soupesant le regain de tensions entre les États-Unis et l'Iran tout en restant dans l'attente de la prochaine décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne.

Les cours du pétrole brut se sont inscrits en hausse, oscillant autour de 93 dollars le baril après l'un des affrontements les plus sérieux entre Washington et Téhéran depuis l'accord de cessez-le-feu conclu en avril.

Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que l'Iran avait trop tardé à négocier un accord et qu'il allait désormais 'en payer le prix', tandis que Téhéran a annoncé une réévaluation de son engagement diplomatique avec Washington.

'Ce à quoi nous assistons aujourd'hui ressemble davantage à des échanges de tirs sporadiques qu'à un élargissement ou à une reprise du conflit généralisé', a tempéré Luca Bindelli, responsable de la stratégie d'investissement chez Lombard Odier.

M. Bindelli a ajouté que Washington et Téhéran ont des raisons manifestes de rechercher un accord : une résolution pourrait favoriser Trump sur le plan politique, tandis que l'Iran subit une pression croissante, d'importants volumes de son pétrole restant bloqués près du détroit d'Ormuz en raison du blocus américain.

L'indice paneuropéen STOXX 600 a cédé 0,08 % à 618,17 points, signant sa quatrième séance consécutive de baisse.

Le sentiment des investisseurs a également été affecté par l'assombrissement des perspectives de la première économie d'Europe. L'Allemagne devrait basculer dans une récession technique cette année, le choc des prix de l'énergie lié au conflit iranien faisant dérailler sa fragile reprise, a prévenu l'institut économique DIW, qui a divisé par deux sa prévision de croissance pour 2026. L'indice de référence allemand a reculé d'environ 1 %.

L'attention se porte désormais sur la BCE, dont la réunion de politique monétaire de deux jours a débuté mercredi. La banque centrale devrait, selon le consensus, relever ses taux d'intérêt de 25 points de base pour tenter de contenir l'impact inflationniste du coût de l'énergie. Les marchés scruteront les indications des décideurs concernant la trajectoire des taux au-delà de cette semaine.

Parallèlement, l'inflation à la consommation aux États-Unis a progressé en mai à son rythme le plus rapide en trois ans. Si cette hausse est conforme aux attentes, elle conforte la Réserve fédérale dans sa volonté de maintenir les taux inchangés jusqu'en 2027.

En Europe, les secteurs des mines et de l'industrie ont mené les pertes, reculant chacun de plus de 1 %.

Le secteur technologique a lâché 0,7 %, portant son repli à 3 % depuis vendredi et rognant son rallye de près de 30 % enregistré au cours des deux derniers mois. Les fortes fluctuations des valeurs liées à l'IA ont alimenté la volatilité aux États-Unis et en Asie cette semaine, bien que leur impact sur le STOXX 600 soit resté limité en raison de la faible exposition technologique de l'indice.

Le titre du norvégien Kongsberg a connu de fortes variations, chutant de 5 % après avoir progressé de 3,3 % plus tôt dans la journée, les prévisions de marges du groupe de défense et de technologie ayant déçu les investisseurs.