Israël a frappé des cibles en Iran lundi - une première depuis le début du cessez-le-feu le 8 avril - en réponse aux attaques iraniennes de dimanche. Les Gardiens de la révolution iranienne ont imputé la responsabilité de cette récente escalade aux États-Unis. En guise de représailles, ils ont affirmé avoir tiré des missiles sur la ville israélienne de Haïfa. 'Toutes les craintes concernant une inflation persistante font leur retour sur le marché et frappent des investisseurs qui doivent désormais décider s'ils préfèrent réduire leur exposition au risque avant la pause estivale', a résumé Andreas Lipkow, analyste en chef chez CMC Markets.
LES CRAINTES SUR LES TAUX POUSSENT L'OR À UN PLUS BAS DE SIX MOIS
Les inquiétudes de voir le transit pétrolier par le détroit d'Ormuz rester durablement restreint ont propulsé les cours du Brent de la mer du Nord et du brut léger américain (WTI) en hausse d'environ 4% chacun, à 96,68 et 94,50 dollars le baril (159 litres). Face à cette crise de l'offre, le cartel Opep+ a certes décidé dimanche d'une quatrième augmentation de son objectif de production en quatre mois. Toutefois, selon les analystes, cette décision ne devrait avoir que peu d'impact, la plupart des membres de l'Opep+ étant de toute façon incapables d'atteindre leurs objectifs en raison de la fermeture du détroit.
Parallèlement, l'accentuation des craintes sur les taux d'intérêt a fortement pesé sur les cours de l'or. Le métal jaune a reculé de près de 1% à environ 4293 dollars l'once, touchant son plus bas niveau depuis près de six mois. Les investisseurs redoutent que les tensions au Proche-Orient n'alimentent davantage les prix de l'énergie et, par extension, l'inflation, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à relever ses taux. 'L'or pourrait prochainement tester le seuil psychologique des 4000 dollars si le rapport sur l'inflation américaine attendu cette semaine s'avère plus élevé que prévu', a prévenu Han Tan, analyste en chef de la plateforme de trading Bybit. En période de hausse des taux, les investisseurs se tournent davantage vers les placements rémunérés, ce qui pèse sur la demande de métaux précieux.
UNE BATAILLE BOURSIÈRE PORTE MONTE DEI PASCHI
Dans le même temps, les résultats mal accueillis du fabricant de puces américain Broadcom avaient déjà stoppé jeudi le rallye technologique qui durait depuis des semaines. Les investisseurs attendent désormais l'introduction en bourse de la société spatiale SpaceX du milliardaire Elon Musk, prévue pour vendredi. Celle-ci pourrait attirer des flux de capitaux considérables et inciter à nouveau les investisseurs à s'interroger sur les valeurs de croissance aux valorisations élevées, a averti Timo Emden d'Emden Research.
Les investisseurs se sont également délestés des titres du secteur aérien. Les actions d'Air France, Wizz Air, IAG et Lufthansa ont cédé entre 1,5% et près de 3%. Le secteur aérien mondial a presque divisé par deux ses prévisions de bénéfices pour 2026 en raison du conflit au Proche-Orient. L'association professionnelle a invoqué la hausse des coûts du carburant et la perturbation des couloirs aériens.
À la bourse de Milan, la perspective d'une bataille boursière a dopé l'action de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena (MPS). Le titre de l'institution toscane a bondi de 12%. Sa rivale Banco BPM a annoncé dimanche son intention d'inviter MPS à des discussions en vue d'une fusion. Parallèlement, Intesa Sanpaolo a déjà annoncé une offre de 30,6 milliards d'euros pour l'intégralité des actions MPS. Selon des sources proches du dossier, d'autres concurrents comme BPER Banca envisageraient également de soumettre une offre pour la banque historique, autrefois sauvée par l'État.
À la bourse de Francfort, Airbus s'est retrouvé sous pression avec un recul du titre allant jusqu'à 3,5%. Selon une dépêche de l'agence Bloomberg, l'avionneur a informé certains clients de retards de livraison pour des appareils de la famille A320neo prévus pour 2027 et 2028.
(Rapport de Sanne Schimanski, rédigé par Christian Götz. Pour toute question, veuillez contacter notre rédaction à berlin.newsroom@thomsonreuters.com (pour la politique et la conjoncture) ou frankfurt.newsroom@thomsonreuters.com (pour les entreprises et les marchés).)


















