Maurice Lévy, président du conseil de surveillance de Publicis, a appelé mercredi la France et l'Allemagne à prendre la tête d'un fonds paneuropéen dédié à l'intelligence artificielle (IA). Il a souligné que les entreprises de l'Union européenne étaient trop exposées aux fournisseurs américains, capables de couper l'accès aux modèles d'IA avancés sans préavis.

S'exprimant lors du salon VivaTech à Paris, Maurice Lévy a déclaré que l'Europe avait besoin d'un fonds de 100 milliards d'euros pour soutenir l'intelligence artificielle à l'échelle du continent. Il a décrit cette initiative comme une réponse au choc provoqué par la perte soudaine d'accès de certaines entreprises européennes aux modèles de pointe de la start-up américaine Anthropic.

« Il est nécessaire de créer un fonds à l'échelle européenne », a confié Maurice Lévy à Reuters à Paris. « C'est un peu comme si quelqu'un détenait un interrupteur... et pouvait l'actionner à sa guise. »

Maurice Lévy a précisé que cette idée n'était pas nouvelle, rappelant les efforts passés de la France et de l'Allemagne pour approfondir la coopération numérique, ainsi qu'une impulsion ultérieure qu'il a attribuée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Il a affirmé que l'Europe devait traiter l'intelligence artificielle comme une priorité stratégique, car la dépendance vis-à-vis de prestataires étrangers pourrait menacer la compétitivité des entreprises et, dans certains cas, leur survie même.