Paris (awp/afp) - La place des actions européennes sur les marchés boursiers mondiaux ne cesse de se réduire, malgré un certain regain d'intérêt des investisseurs face aux incertitudes liées à Donald Trump aux Etats-Unis, selon un rapport publié lundi.
D'après le spécialiste des données financières Morningstar, en "moins de vingt ans" la part des entreprises européennes dans son indice "Global All Cap Index", qui regroupe "les grandes, moyennes et petites capitalisations sur les marchés développés et émergents", a "diminué de moitié".
Cette proportion est ainsi "passée de 30% à mi-2008 à environ 15% en juillet 2025", a-t-il détaillé, "reflétant la perte d'importance de l'Europe sur les marchés boursiers mondiaux", a-t-il détaillé.
Cela s'explique notamment par l'omniprésence des indices américains, portés par les actions des géants de la tech et les perspectives de croissance liées au développement de l'intelligence artificielle, qui suscite l'enthousiasme des investisseurs.
L'Europe pâtit en revanche du "scepticisme" de ces derniers en raison "des inquiétudes liées à la croissance, des tensions géopolitiques et des doutes quant à la capacité de la région à être compétitive".
Ces dix dernières années, la "valeur du marché américain a ainsi presque triplé", quand celle "du marché européen est seulement supérieure de 40%". Sur le Vieux continent, "le nombre d'entreprises cotées" et d'"introductions en Bourse" ont "reculé" ces dernières années.
Signe d'espoir: les actions européennes bénéficient depuis début janvier d'un nouvel intérêt de la part de certains investisseurs, qui souhaitent réduire leur exposition aux incertitudes politiques aux Etats-Unis liées à la présidence de Donald Trump.
Depuis le début de l'année, l'indice DAX de Francfort est en hausse de 19%, celui de Milan, de 22%, Londres, de 13% et Paris, de 4%.
Mais l'Europe a encore "du chemin à parcourir" pour rattraper son retard: sur "les trois et cinq dernières années", les actions européennes "ont enregistré des sorties nettes cumulées d'environ 55 milliards d'euros et 80 milliards d'euros, respectivement", estime Morningstar.
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