Frabcfort (awp/afp) - Le géant allemand de la chimie BASF a appelé à revoir en profondeur le marché européen du carbone, qui fait débat au sein de l'Union européenne, avertissant que les conditions "strictes" de ce système pourraient nuire aux industries du Vieux continent.

Bruxelles doit présenter en juillet une révision substantielle de l'ETS (Emission Trading Systems), un système d'échange de quotas d'émissions mis en place en 2025, en réponse aux critiques croissantes qui lui ont été adressées ces derniers mois.

Certains Etats membres, dont l'Allemagne et l'Italie, et leurs grandes entreprises estiment que le marché du carbone constitue une charge supplémentaire pour l'industrie européenne en difficulté.

Le président du directoire de BASF, Markus Kamieth, a estimé lundi soir lors d'un événement avec des médias, dont l'AFP, qu'il existait "actuellement un certain nombre de faiblesses dans le système ETS".

"Nous plaidons pour qu'on y regarde de plus près, en se demandant comment le concevoir de manière à le rendre plus flexible", a-t-il expliqué.

Le dispositif impose aux plus gros pollueurs de payer pour leurs émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, les obligeant à acheter des quotas en nombre limité, vendus aux enchères et échangeables.

Néanmoins, pour le moment, une grande partie de ces quotas sont attribués gratuitement aux acteurs particulièrement exposés à la concurrence internationale comme BASF.

M. Kamieth a dit soutenir "l'idée de base" du système, mais a jugé que les "conditions-cadres" étaient "tellement strictes" que cela pourrait "coûter de nombreux emplois, beaucoup de création de valeur et probablement aussi de la résilience".

BASF fait partie des acteurs les plus importants de la chimie à l'international et fournit des composants clé pour des secteurs variés allant de l'automobile à l'agriculture.

Avec la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre en Iran, les appels à un assouplissement du marché du carbone européen sont de plus en plus pressants.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a promis en mars des gestes envers les industriels, incluant "une trajectoire plus réaliste" de réduction des émissions et une possible extension des quotas gratuits au-delà de 2034.

Par ailleurs, M. Kamieth a mis en garde lundi contre de nouvelles perturbations à prévoir pour la chimie à cause de la guerre au Moyen-Orient.

"En plus des pressions inflationnistes, qui entraîneront certainement un affaiblissement de la demande, il y aura également des problèmes et des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement", a-t-il averti.

afp/ib