Sur le marché pétrolier, l'anticipation d'un accord de paix a entraîné une chute des cours. Les cotations du baril de Brent de la mer du Nord et du brut américain West Texas Intermediate (WTI) ont reculé d'environ 7,5 % chacune depuis mercredi, pour s'établir respectivement à 85,80 et 83,20 dollars. Il s'agit de leurs plus bas niveaux depuis la mi-mars et la mi-avril. La confiance dans l'aboutissement d'un accord et la réouverture du détroit d'Ormuz s'est renforcée, a souligné Tamas Varga, analyste chez PVM Oil Associates. Il a toutefois rappelé que les réserves mondiales et régionales de pétrole restaient faibles et pourraient continuer à diminuer même en cas d'accord, car le rétablissement d'un approvisionnement ininterrompu prendra du temps.
Depuis le début de la guerre fin février, les prix du pétrole se sont envolés, le Brent atteignant par moments 126 dollars le baril. L'Iran bloque le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième de la demande mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
LES VALEURS BANCAIRES PROFITENT DU RALLY DE LA PAIX
L'espoir de paix a généré des gains significatifs pour de nombreuses actions. Les valeurs bancaires, sensibles à la conjoncture et aux taux d'intérêt, ont été particulièrement portées. Au sein du Dax, les titres Deutsche Bank et Commerzbank ont figuré parmi les plus fortes hausses avec des progressions respectives de 6,2 % et 4,5 %. L'indice bancaire européen a grimpé par moments de 4,2 %, atteignant son plus haut niveau depuis début février. Les valeurs financières ont bénéficié de l'apaisement des craintes de récession, couplé à une amélioration de la courbe des taux, selon un opérateur. La Banque centrale européenne (BCE) a relevé jeudi ses taux directeurs pour la première fois en près de trois ans, les portant de 2,0 % à 2,25 %. Elle devient ainsi la première grande banque centrale à durcir sa politique monétaire en réponse au choc pétrolier consécutif au conflit iranien. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, juge possible une nouvelle hausse des taux en juillet. L'euro s'affichait en légère hausse à 1,1589 dollar.
Le secteur du voyage et du tourisme a également été recherché en raison de la baisse des prix de l'énergie. Sur le MDax, TUI et Lufthansa ont bondi de plus de 8 % chacun. Les titres IAG (maison mère de British Airways) et Air France-KLM ont gagné respectivement 6,8 % et 9,7 %. Sur le Dax, l'avionneur Airbus et le motoriste MTU ont progressé de plus de 4 % chacun.
LES VALEURS DE LA DÉFENSE ET DE L'ÉNERGIE SOUS PRESSION
À l'inverse, les valeurs de l'armement ont été délaissées. Hensoldt, TKMS, Renk et Rheinmetall ont perdu entre 1,6 % et 3,2 % au plus fort de la séance. Les valeurs énergétiques ont également souffert de la chute des cours du brut. Les titres BP, TotalEnergies et Shell ont reculé de 3,6 % à 5,1 %. L'indice sectoriel européen a cédé 3 %.
Dans l'après-midi, l'attention de nombreux investisseurs devrait se porter sur l'introduction en bourse (IPO) très attendue de SpaceX. Le groupe aérospatial du milliardaire Elon Musk fait ses débuts sur le marché technologique américain Nasdaq avec un volume d'émission de 75 milliards de dollars, soit la plus importante introduction en bourse de l'histoire. Au prix d'émission de 135 dollars par action, SpaceX est valorisée à 1 750 milliards de dollars. Elon Musk a réservé une part inhabituellement élevée de 30 % des 555,6 millions de titres offerts aux investisseurs particuliers, parmi lesquels il compte de nombreux fans. L'évolution de l'action SpaceX constitue un « test décisif » pour l'ensemble du marché boursier, a déclaré Andreas Lipkow, analyste de marché en chef chez CMC Markets.
(Rapport de : Daniela Pegna, édité par Ralf Banser. Pour toute question, veuillez contacter notre rédaction à berlin.newsroom@thomsonreuters.com (politique et conjoncture) ou frankfurt.newsroom@thomsonreuters.com (entreprises et marchés).)

















