Alphabet et ses rivaux du secteur des Big Tech devraient dépenser collectivement plus de 500 milliards de dollars dans l'IA cette année. Meta a relevé la semaine dernière ses investissements en capital pour le développement de l'IA de 73% cette année, tandis que Microsoft a également annoncé un niveau record de dépenses trimestrielles.
Cette expansion agressive des dépenses intervient alors que les investisseurs s'interrogent de plus en plus sur la rentabilité des investissements dans l'IA. Google, cependant, a su démontrer de solides progrès dans ses efforts en matière d'IA, et son action a bondi de 76% depuis le début de 2025.
« Nous constatons que nos investissements et notre infrastructure en IA stimulent les revenus et la croissance sur l'ensemble de nos activités », a déclaré le directeur général Sundar Pichai lors d'une conférence téléphonique avec les analystes mercredi.
Les dirigeants d'Alphabet ont indiqué que les investissements dans la capacité de calcul pour l'IA — serveurs, centres de données et équipements réseaux — étaient au cœur de la stratégie du groupe, qui vise des dépenses d'investissement de 175 à 185 milliards de dollars cette année, contre 91,45 milliards en 2025. Les analystes tablaient en moyenne sur 115,26 milliards de dollars, selon les données compilées par LSEG.
Le titre Alphabet a connu une forte volatilité dans les échanges après la clôture — chutant de 6% avant de récupérer la majeure partie de ses pertes pour céder environ 1%, alors que les investisseurs évaluaient cette flambée des dépenses face à la progression du chiffre d'affaires et du bénéfice, tous deux supérieurs aux attentes sur le quatrième trimestre.
L'activité cloud du groupe a particulièrement brillé au quatrième trimestre clos en décembre, bondissant de 48% à 17,7 milliards de dollars, au-delà des attentes des analystes. Il s'agit du rythme de croissance le plus rapide depuis plus de quatre ans.
« Nous avons été limités par l'offre, même en augmentant notre capacité », a souligné Sundar Pichai. « De toute évidence, nos dépenses d'investissement cette année sont tournées vers l'avenir. »
Pichai a précisé qu'il s'attendait à ce qu'Alphabet continue de faire face à des contraintes de capacité tout au long de l'année.
GOOGLE, DÉSORMÀIS UN HYPERSCALER LÉGITIME AUX CÔTÉS D'AMAZON ET MICROSOFT
Le lancement du modèle d'IA Gemini 3 de Google en novembre a bouleversé la perception du groupe, longtemps considéré comme à la traîne dans l'IA. L'accueil favorable a propulsé l'entreprise dans la compétition et poussé le rival OpenAI à déclarer en interne un « code rouge » pour accélérer ses développements.
Le modèle Gemini, conçu pour les entreprises, a déjà conquis 8 millions d'abonnements payants dans 2 800 sociétés, selon Pichai. Le mois dernier, Google a signé l'un de ses plus gros contrats à ce jour : un partenariat cloud avec Apple pour alimenter les offres d'IA du fabricant de l'iPhone grâce à Gemini.
La croissance de la division cloud a été « nettement supérieure à celle de Microsoft Azure pour la première fois depuis plusieurs années », permettant à la maison mère de justifier la hausse des dépenses, selon Gil Luria, analyste chez D.A. Davidson.
« Le cloud, avec une croissance de 48% et des marges en forte expansion, n'est plus un simple pari : ils ont livré la preuve, » estime Ethan Feller, stratège actions chez Zacks Investment Research. « Google s'est imposé comme un hyperscaler légitime aux côtés d'Amazon et Microsoft, avec une demande réelle des entreprises pour les charges de travail IA. »
Les dirigeants d'Alphabet présentent régulièrement le cloud comme la preuve de revenus générés par l'IA lors des publications de résultats, mais le dernier trimestre a aussi fait apparaître une nouvelle confiance dans la croissance d'autres activités, comme le moteur de recherche, dopées par l'intégration de l'IA.
L'application d'assistant IA Gemini de Google compte désormais plus de 750 millions d'utilisateurs mensuels, selon Pichai, soit 100 millions de plus qu'en novembre. Les requêtes quotidiennes en mode IA, fonctionnalité de type chatbot dans le moteur de recherche natif, ont également doublé depuis le lancement.
Gemini a permis à la division publicité de diffuser des annonces sur des requêtes longues et complexes, auparavant difficiles à monétiser, a expliqué Philipp Schindler, directeur commercial de Google, aux analystes.
La société a enregistré un chiffre d'affaires total de 113,83 milliards de dollars sur le trimestre, battant le consensus des analystes à 111,43 milliards de dollars, selon LSEG. Le bénéfice ajusté par action, à 2,82 dollars, a également dépassé les attentes (2,63 dollars).



















