BERLIN (dpa-AFX) - La coalition noir-rouge poursuit ses discussions afin de trouver une position commune sur l'interdiction à l'échelle européenne des nouveaux moteurs à combustion après 2035. Markus Soder, chef de la CSU, a de nouveau mis en garde à Berlin contre une « interdiction stricte et apodictique » des moteurs thermiques, estimant qu'il s'agirait d'un signal contre-productif pour l'industrie. Soder, après une rencontre avec le ministre fédéral des Transports Patrick Schnieder (CDU), a exprimé l'espoir qu'un consensus soit atteint par la coalition dans les prochains jours. Lors de la réunion du comité de coalition jeudi soir, les participants ont évoqué les éventuelles possibilités de compromis.
Le comité a trouvé des accords sur plusieurs points de friction, mais pas sur la question de la fin des moteurs thermiques. Le chancelier Friedrich Merz (CDU) avait laissé entendre qu'un accord pouvait être trouvé dès jeudi. Toutefois, son entourage a nuancé ces attentes, indiquant qu'un compromis n'était « pas forcément » attendu. Merz souhaite défendre à Bruxelles des modifications concernant la fin prévue en 2035 de l'immatriculation des moteurs thermiques. Au sein de la coalition, aucune ligne commune n'a encore été définie sur ce dossier.
Pourquoi ce sujet est-il à l'ordre du jour ?
Depuis longtemps, le secteur des transports ne parvient pas à atteindre les objectifs climatiques, tant en Allemagne qu'à l'échelle européenne. L'Union européenne a donc décidé qu'à partir de 2035, les voitures neuves ne devront plus émettre de dioxyde de carbone (CO 2 ) nuisible au climat lors de leur utilisation. Cela reviendrait, dans les faits, à interdire l'immatriculation de nouvelles voitures à essence ou diesel. L'objectif est de réduire davantage les émissions. Les véhicules thermiques déjà en circulation pourront toutefois continuer à rouler.
La Commission européenne avait déjà annoncé en mars vouloir réévaluer cet objectif de 2035 au cours de l'année. Face à la progression lente de l'électromobilité, le débat se poursuit également en Allemagne. Les immatriculations de véhicules électriques augmentent, mais les objectifs initiaux risquent d'être largement manqués. De plus, de nombreux emplois en Allemagne dépendent encore de la technologie des moteurs thermiques, tant chez les sous-traitants que chez les constructeurs.
L'industrie automobile allemande, tournée vers l'export, traverse actuellement une période difficile et doit faire face, outre au ralentissement du marché des véhicules électriques, à une baisse des ventes et à une concurrence croissante venue d'Asie. Le secteur plaide donc pour une transition plus souple vers une motorisation sans émissions. Par ailleurs, au sein des partis de l'Union, des voix s'élèvent pour demander le retrait de la décision européenne.
Un accord dans les prochains jours ?
À ce jour, le gouvernement fédéral noir-rouge n'a pas encore arrêté de position commune à défendre à Bruxelles. Les sociaux-démocrates souhaitent en principe maintenir la date de sortie des nouveaux moteurs thermiques à 2035. Le président du parti, Lars Klingbeil, a toutefois souligné récemment que le SPD avait fait évoluer sa position ces dernières semaines. Le parti s'est montré récemment ouvert à des carburants et technologies plus respectueux du climat, ainsi qu'aux solutions hybrides combinant électromobilité et moteurs thermiques, telles que les hybrides rechargeables.
Le chef du groupe parlementaire SPD, Matthias Miersch, s'attend donc à un accord prochain sur ce point de discorde. « Je pense que nous parviendrons à un résultat dans ce gouvernement dans les prochains jours », a-t-il déclaré dans l'émission « Morgenmagazin » de la ZDF. Les négociations portent sur des détails techniques et sur la question de savoir quelles technologies de transition pourront rester autorisées.
Négociations sur les détails techniques
Soder insiste sur la nécessité de rester ouvert à toutes les technologies et souligne l'importance des « moteurs thermiques de haute technologie ». Il rappelle également qu'en octobre, les ministres-présidents des Länder, dont des dirigeants SPD, avaient trouvé un large consensus. Dans le document adopté, il est demandé au gouvernement fédéral de garantir l'« avenir du moteur à combustion » au moyen de mesures réglementaires portant sur les carburants respectueux du climat et à faibles émissions de CO 2 , ainsi que sur l'hydrogène, et ce sur le long terme. Il ne devrait pas y avoir d'interdiction rigide de la technologie thermique à partir de 2035./jwe/DP/men


















