Les prix à la consommation (CPI) et les prix à la production (PPI) ont dépassé les attentes, renforçant un peu plus la pression sur la Fed.  

En avril, le PPI a progressé à son rythme le plus élevé depuis mars 2022 (+1.4% contre 0.5% attendu). Sur un an, c’est une progression de 6%, contre 4.8% attendu.

Hier, le CPI avait aussi dépassé les attentes, mais de façon moins marquée. En avril, le CPI a affiché une hausse de 3.8% sur un an. En version core (hors alimentation et énergie), c’est une hausse de 2.8% sur un an.

L’accélération de l’inflation sous-jacente était attendue, compte tenu d’un ajustement ponctuel sur les loyers. En effet, le shutdown de l’automne dernier avait empêché la collecte des données au mois d’octobre et donc artificiellement abaissé les indices.

Et la mauvaise nouvelle pour la Fed, c’est que le PCE, son indicateur d’inflation privilégié, est désormais plus élevé que le CPI (c’était l’inverse historiquement). Ainsi, le core PCE était déjà à 3% en février, avant le conflit en Iran.

La Fed voit donc ses espoirs de retour de l’inflation vers les 2% balayés. Et ce alors que l’inflation dépasse son objectif depuis maintenant 5 ans.

Les baisses de taux escomptées en début d’année ne sont donc plus du tout d’actualité. Si le scénario central est toujours un statu quo jusqu’à la fin de l’année, la question d’une hausse de taux est même clairement sur la table. Selon l’outil Fed Watch du CME, la probabilité d’une hausse de taux d’ici à décembre est d’environ 30%.