L'indice de référence de la bourse espagnole a enregistré des baisses lors des trois sessions précédentes, sous la pression du renchérissement de l'énergie et des perspectives de taux d'intérêt plus élevés en raison du conflit.
La pression géopolitique a de nouveau pesé sur le moral des investisseurs après que l'armée américaine a annoncé mercredi une nouvelle série de frappes contre de multiples cibles en Iran, quelques heures seulement après que le président Donald Trump a promis de nouveaux bombardements si aucun accord de paix n'est conclu.
En réponse, l'Iran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz.
Dans ce contexte, le baril de Brent progressait de 1,6% lors de la session asiatique, à 94,55 dollars, tandis que les rendements de la dette publique de la zone euro se rapprochaient de leurs récents sommets.
Les analystes financiers estiment que les bourses asiatiques, qui avaient le plus progressé au cours des deux derniers mois, pourraient prolonger leurs récentes pertes. Le marché s'interroge en effet sur la durabilité des attentes élevées de croissance des bénéfices qui ont soutenu ces hausses, notamment dans le secteur technologique porté par l'essor de l'intelligence artificielle.
Certaines valeurs liées à l'IA affichaient une certaine stabilité alors que les places asiatiques cherchaient un point d'appui après cinq baisses lors des six dernières séances.
Sur le front des entreprises, l'action Oracle a plongé de 8,9% dans les transactions hors séance après avoir prévu, pour son exercice fiscal 2027, un plan d'investissement supérieur aux estimations de Wall Street.
En Europe, l'attention se porte également sur la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne. Une hausse des taux d'intérêt y est jugée acquise face à la détérioration des perspectives d'inflation causée par le conflit armé au Moyen-Orient.
Les investisseurs suivront de près tout signal concernant la trajectoire future de la politique monétaire.
'Nous nous attendons à ce qu'elle réitère sa position dépendante des données et sa prise de décision réunion par réunion', a déclaré Renta 4 dans sa note matinale.
'Bien que le marché anticipe une deuxième hausse en septembre 2026 et une troisième au premier trimestre 2027, nous pensons que la BCE devrait se montrer prudente, avec un ton légèrement 'hawkish' pour éviter le désancrage des anticipations d'inflation, tout en gardant à l'esprit que nous ne sommes plus dans la situation de 2022 (...), et qu'il faut éviter de reproduire les erreurs du passé qui ont conduit à la stagflation', a ajouté la société de bourse.
Les opérateurs restent par ailleurs attentifs à l'évolution des coûts de financement aux États-Unis.
Avant la guerre lancée il y a trois mois par les États-Unis et Israël contre l'Iran, jusqu'à deux baisses de taux étaient prévues cette année. Désormais, les marchés intègrent une hausse d'environ 25 points de base d'ici la fin de 2026, selon l'outil IRPR de LSEG, et considèrent comme plus probable que le premier mouvement haussier intervienne au dernier trimestre.
Dans ce cadre, à 07h02 GMT jeudi, l'indice espagnol IBEX 35 gagnait 10,70 points, soit 0,06%, à 18.153,40 points, tandis que l'indice des grandes valeurs européennes FTSE Eurofirst 300 progressait de 0,03%.
Dans le secteur bancaire, Santander montait de 0,29%, BBVA reculait de 0,10%, Caixabank progressait de 0,71%, Sabadell gagnait 0,14%, Bankinter s'appréciait de 0,58% et Unicaja Banco s'adjugeait 0,57%.
Parmi les grandes valeurs non financières, Telefónica reculait de 0,13%, Inditex cédait 0,55%, Iberdrola perdait 0,37%, Cellnex gagnait 0,35% et la compagnie pétrolière Repsol grimpait de 1,73%.
(Information de Tomás Cobos ; version française par Benjamín Mejías Valencia)


















