L'IBEX 35 a ouvert mardi sur un léger rebond, restant sous l'emprise des craintes d'un conflit prolongé au Moyen-Orient, de la nervosité face au vertige des valeurs technologiques et d'un horizon de taux d'intérêt plus élevés.

Après le repli de la veille, le sentiment s'est légèrement amélioré suite à l'annonce, lundi, par l'Iran et Israël de la suspension de leurs attaques réciproques, une nouvelle qui a favorisé la détente des cours du pétrole.

Cette trêve est intervenue après l'appel du président américain, Donald Trump, exhortant les deux pays à cesser les hostilités, bien que Téhéran ait prévenu que les frappes reprendraient si Israël continuait de bombarder le Hezbollah au Liban.

La vague d'attaques des dernières vingt-quatre heures a constitué l'affrontement le plus direct entre l'Iran et Israël depuis le cessez-le-feu d'avril, menaçant de réduire à néant les efforts de Washington pour conclure un accord avec Téhéran afin de mettre fin à une guerre qui dure depuis plus de trois mois.

Parallèlement, la remontée des rendements obligataires continuait de mettre à l'épreuve des valorisations boursières déjà tendues, dans un contexte où le trafic maritime par le détroit d'Ormuz reste gravement restreint en raison du conflit au Moyen-Orient.

Les chiffres solides de l'emploi américain publiés vendredi ont incité le marché à accroître ses paris sur de nouvelles hausses des coûts de financement cette année, en attendant que les données sur les prix à la consommation aux Etats-Unis, prévues mercredi, ne confirment que les coûts de l'énergie ont continué de tirer l'inflation globale vers le haut en mai.

Les contrats à terme intègrent désormais une probabilité d'environ 60% pour un relèvement des taux de la Réserve fédérale dès le mois d'octobre, tandis qu'une hausse d'un quart de point est quasi intégralement pricée pour décembre.

Les marchés considèrent également comme acquise une hausse de 25 points de base, à 2,25%, de la part de la Banque centrale européenne lors de sa réunion de jeudi, et anticipent un taux de référence à 2,5% ou 2,75% d'ici la fin de l'année.

Sur le front technologique, la chasse aux bonnes affaires sur les valeurs des semi-conducteurs apaisait temporairement l'anxiété dans un secteur qui a subi une correction ces derniers jours, face aux craintes que le rallye effréné lié à l'intelligence artificielle ne soit allé trop loin et n'ait engendré une bulle sur le point d'éclater.

Dans ce sens, les opérateurs analysaient les dernières actualités du secteur, après qu'OpenAI, le créateur de ChatGPT, a déposé lundi de manière confidentielle son dossier d'introduction en bourse aux Etats-Unis, rejoignant son rival Anthropic dans une course aux milliards pour lever des fonds sur les marchés de capitaux.

'(...) le dépõt du prospectus d'introduction en bourse d'Open AI pourrait soutenir la technologie et les semi-conducteurs, et laisser un meilleur bilan aux Etats-Unis qu'en Europe', ont souligné les analystes de Bankinter dans leur note de pré-ouverture. 'Si la géopolitique le permet, ce sera la nouvelle la plus importante de la séance', ont ajouté ces experts qui, en tout état de cause, prévoyaient une séance globalement latérale.

Le prochain test majeur pour le secteur technologique interviendra avec les résultats d'Oracle mercredi et d'Adobe le lendemain.

Les investisseurs surveilleront également la gigantesque introduction en bourse de SpaceX, dont le prix devrait être fixé jeudi pour un début de cotation vendredi.

Dans ce contexte, à 07h02 GMT mardi, l'indice de référence de la bourse espagnole, l'IBEX 35, progressait de 24,80 points, soit 0,14%, à 18.247,90 points, tandis que l'indice des grandes valeurs européennes FTSE Eurofirst 300 reculait de 0,08%.

Au sein du secteur bancaire, Santander gagnait 0,66%, BBVA s'adjugeait 0,41%, Caixabank progressait de 0,53%, Sabadell s'effritait de 0,03%, Bankinter se valorisait de 0,32% et Unicaja Banco montait de 0,50%.

Parmi les autres grandes capitalisations non financières, Telefónica reculait de 0,23%, Inditex cédait 0,18%, Iberdrola s'allégeait de 0,23%, Cellnex perdait 0,35% et la compagnie pétrolière Repsol grappillait 0,17%.

(Information de Tomás Cobos, version française par un traducteur financier)