L'IBEX 35 a ouvert en forte hausse vendredi, dans une séance marquée par le regain d'optimisme des marchés face à la perspective d'un accord imminent entre les États-Unis et l'Iran, après plusieurs jours de volatilité liés au conflit au Moyen-Orient.

Les gains à l'ouverture ont ainsi permis de redresser une semaine mouvementée pour l'indice de référence espagnol. Si ces niveaux se maintiennent, il pourrait clôturer la semaine sur une progression proche de 1,5 %, après les signaux contradictoires venus de la région où les armées américaine et iranienne ont échangé des tirs ces derniers jours.

L'élan haussier a été principalement soutenu par les déclarations du président américain, Donald Trump, qui a de nouveau affirmé qu'un accord de paix avec l'Iran pourrait être signé dès ce week-end, quelques heures seulement après avoir menacé de mener de nouvelles offensives.

Bien que Téhéran ait indiqué qu'aucune décision définitive n'avait encore été prise et que les précédents épisodes d'optimisme n'aient pas abouti à un pacte, la réaction des marchés a été clairement favorable au risque. On observe ainsi des hausses en Asie, une progression des obligations et un repli du pétrole à ses plus bas niveaux en deux mois, ce qui a contribué à apaiser les craintes inflationnistes.

« Le marché intègre partiellement l'option d'une désescalade entre les États-Unis et l'Iran, bien que l'absence de décision définitive de la part de Téhéran maintienne un foyer de volatilité », avertit Sergio Ávila, analyste de marché chez IG.

Parallèlement, les investisseurs tournent déjà leur attention vers la réunion de la Réserve fédérale (Fed) la semaine prochaine, la première présidée par Kevin Warsh, dans un contexte où un éventuel accord de paix pourrait favoriser un pivot plus accommodant de la politique monétaire.

Les dernières données montrent que les prix à la production sous-jacents aux États-Unis ont augmenté nettement moins que prévu en mai, bien que l'indice général ait enregistré sa plus forte hausse annuelle en trois ans et demi, en raison du renchérissement de l'énergie découlant du conflit au Moyen-Orient.

En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a choisi jeudi de relever ses taux d'intérêt pour la première fois en près de trois ans afin de contrer l'inflation alimentée par la guerre, même si une éventuelle réouverture du détroit d'Ormuz réduirait la probabilité de nouvelles hausses à court terme.

Dans ce contexte géopolitique, le marché garde également un œil sur les débuts boursiers de SpaceX. La société d'Elon Musk s'apprête à réaliser la plus importante introduction en bourse (IPO) de l'histoire après avoir levé 75 milliards de dollars, atteignant une valorisation de 1 770 milliards de dollars.

« La demande a été quatre fois supérieure à l'offre disponible, avec des ordres d'investisseurs particuliers dépassant les 100 milliards de dollars, soit bien plus que les 30 % réservés à cette tranche », souligne-t-on chez Renta 4. L'analyste précise que « le résultat de cette introduction sera déterminant pour les deux autres grandes opérations prévues cette année (Anthropic et OpenAI) en tant qu'indicateur de l'appétit des investisseurs ».

Dans ce cadre, à 07h02 GMT vendredi, l'indice boursier espagnol IBEX 35 progressait de 313,20 points, soit 1,71 %, à 18 603,30 points, tandis que l'indice des grandes valeurs européennes FTSE Eurofirst 300 avançait de 0,98 %.

Dans le secteur bancaire, Santander grimpait de 3,42 %, BBVA s'adjugeait 2,74 %, Caixabank progressait de 2,18 %, Sabadell gagnait 1,73 %, Bankinter se valorisait de 2,08 % et Unicaja Banco montait de 1,82 %.

Parmi les grandes valeurs non financières, Telefónica affichait une légère hausse de 0,03 %, Inditex avançait de 1,59 %, Iberdrola cédait 0,44 %, Cellnex gagnait 0,74 % et la compagnie pétrolière Repsol reculait de 3,18 %.

(Information de Tomás Cobos ; version française par Benjamin Mejías Valencia)