Abhijeet Dipke, 30 ans, qui résidait aux États-Unis depuis deux ans, avait déclaré que sa famille et ses amis craignaient son arrestation dès son retour en Inde.
Des dizaines de policiers se sont rassemblés près de Jantar Mantar, dans le centre de New Delhi, samedi, barrant certaines routes environnantes alors que les manifestants scandaient des slogans exigeant la démission du ministre de l'Education, Dharmendra Pradhan.
Le gouvernement de Modi a bloqué le compte X du mouvement dans le pays, une mesure que le Cockroach Janta Party a contestée devant un tribunal de Delhi. Le ministre Kiren Rijiju a accusé le groupe de recruter des partisans au Pakistan, l'ennemi juré, ainsi qu'au sein du 'gang anti-Inde'.
Le groupe, qui a réuni environ 22 millions d'abonnés sur Instagram depuis son lancement mi-mai, constitue la plus grande expression de dissidence en ligne contre les douze années de pouvoir du nationaliste hindou Modi. Cette contestation est alimentée par un chômage des jeunes persistante et des fuites récurrentes de sujets d'examens qui menacent de faire dérailler la carrière de millions d'etudiants.
Les analystes politiques estiment que la popularité du groupe commence à ternir l'image de Modi malgré les récentes victoires de son parti lors d'elections régionales clés, alors même qu'une frustration plus large grandit face à la hausse des prix du carburant et aux pénuries de gaz provoquées par la guerre en Iran.
La police a utilisé des haut-parleurs pour diriger la foule vers le site de manifestation désigné samedi.
'C'est un mouvement pacifique pour la jeunesse de la nation', a déclaré le porte-parole du mouvement, Ashutosh Ranka. Dipke est 'prêt pour une longue et grande journée dans la vie politique de l'Inde', a ajouté Ranka.
L'Inde compte près de 400 millions de personnes âgées de 15 à 29 ans, et la création d'emplois non agricoles pour cette population reste l'un de ses plus grands défis malgré une croissance rapide. Le taux de chômage des jeunes urbains frôlait les 14% en avril. De nombreux jeunes diplômés se retrouvent également bloqués dans des emplois mal rémunérés ou précaires qui ne correspondent pas à leurs compétences, selon les économistes.






















