Heineken assume actuellement le coût des droits de douane de 15% imposés par les États-Unis sur les bières européennes, une mesure qui pèse sur la rentabilité de son activité outre-Atlantique, a indiqué son directeur général, Dolf van den Brink. Le brasseur néerlandais, qui exporte principalement depuis l’Europe et le Mexique, ne prévoit pour l’instant aucun transfert de production vers les États-Unis. Selon Van den Brink, il reste moins onéreux d’absorber cette taxe que d’investir dans une nouvelle capacité locale, tandis que les coûts logistiques depuis le Mexique rendent cette alternative peu compétitive.

Heineken ne peut pas non plus répercuter pleinement cette surtaxe sur les prix de vente, contrairement à ses concurrents américains, ce qui limite sa marge de manœuvre pour préserver ses profits sur le marché américain. Le dirigeant a précisé que le groupe continuait à évaluer la situation, mais que le seuil de rentabilité rendant une relocalisation viable "reste éloigné". Ces déclarations ont été faites lors d’un événement investisseurs à Séville, où Van den Brink a également évoqué la poursuite des efforts de rationalisation du portefeuille de marques et de réduction des coûts.

Le groupe envisage de se retirer de plus de dix marchés jugés non rentables, tout en conservant la possibilité d’un redressement avant décision finale. Aucune grande cession n’est prévue, mais Heineken concentrera ses investissements sur ses marques les plus performantes, laissant certaines étiquettes plus anciennes disparaître progressivement. De nouvelles fermetures de brasseries européennes pourraient également survenir, sans remise en cause majeure de l’empreinte industrielle du groupe sur le continent.