Félicien Kabuga, suspect clé du génocide rwandais de 1994, est décédé en détention, a annoncé samedi un tribunal des Nations Unies. Il était âgé de 93 ans.    

Kabuga avait été arrêté en France en 2020 après plus de deux décennies de cavale, avant d'etre extradé vers La Haye. Il avait par la suite été déclaré inapte à subir un procès en raison de sa démence, et jugé trop souffrant pour être transféré au Rwanda. 

Aucun pays n'ayant accepté de l'accueillir, Kabuga est demeuré au centre de détention de l'ONU à La Haye. Le tribunal a indiqué avoir ordonné une enquête sur les circonstances de son décès.

L'ancien homme d'affaires et propriétaire de station de radio figurait parmi les derniers fugitifs recherchés pour ce génocide, au cours duquel des extrémistes hutu ont massacré plus de 800 000 Tutsis et Hutus modérés en l'espace de 100 jours.

Les procureurs accusaient Kabuga d'avoir promu des discours de haine via son antenne, la Radio Télévision Libre des Mille Collines, et d'avoir contribué à l'armement des milices ethniques hutu.

La juridiction ayant annoncé son décès, le Mécanisme pour les Tribunaux Pénaux Internationaux, supervise les dossiers résiduels des anciens tribunaux de l'ONU pour le Rwanda et l'ex-Yougoslavie.