Zurich (awp) - L'environnement géopolitique a pesé sur le bénéfice opérationnel de la compagnie aérienne Swiss au premier semestre. Les espoirs d'une éclaircie en seconde partie d'année sont minces.

Entre janvier et juin, le résultat opérationnel ajusté a chuté de plus d'un quart à 195,1 millions de francs suisses, a indiqué jeudi la filiale de Lufthansa.

Les produits d'exploitation sont restés quasiment stables à 2,69 milliards de francs suisses, tout comme le nombre de passagers, à 8,5 millions. La demande pour les classes économiques sur les liaisons transatlantiques s'est affaiblie, ce qui s'est répercuté sur les recettes moyennes.

Plus de 70'000 vols ont été assurés, soit 1,8% de plus que l'année précédente. Le taux d'occupation moyen a diminué 1,8 point de pourcentage à 80,0%.

L'environnement s'est révélé difficile, marqué par des tensions géopolitiques et commerciales. "La hausse des coûts, notamment en matière de personnel et de redevances, a aussi significativement affecté notre rentabilité. Des contraintes structurelles telles que des pénuries persistantes d'avions, de moteurs et de pilotes, ont également pesé sur notre résultat", a expliqué le directeur financier, Dennis Weber, cité dans le communiqué.

En effet, environ huit avions sont immobilisés en raison de problèmes moteur et un avion a eu un accident en début d'année et se trouve à Bruxelles. De plus, la pénurie de pilotes a forcé la compagnie a annuler environ 1400 vols. "Cela aura assurément un impact de plusieurs millions", a précisé M. Weber dans une téléconférence.

Pour compenser, Swiss fait appel au "wet lease", soit l'affrètement avec équipage pour assurer certaines liaisons. Cela permet de stabiliser les capacités sur les liaisons court-courrier et éviter la suppression de vols long-courriers. "Nous avions prévu de cesser les wet lease, cela se passera mais plus tard qu'attendu initialement, je ne peux pas encore dire précisément quand", a-t-il expliqué.

Parmi les points positifs, l'évolution des prix du carburant a été favorable. De plus, la compagnie a été en mesure d'améliorer sa ponctualité, avec 72,4% des vols décollant à l'heure, en hausse de 3,9 points de pourcentage par rapport au premier semestre 2024.

Sur le segment du fret, les livraisons anticipées de marchandises en raison des conflits douaniers ont soutenu la performance au premier trimestre, mais les effets se sont par la suite dissipés.

Faible espoir d'éclaircie

Au deuxième semestre deux Airbus A350 rejoindront la flotte, permettant d'offrir plus de confort aux passagers. La prudence reste toutefois de mise, tant pour la suite de l'exercice que pour 2026, alors que la pression sur les coûts continue et que l'environnement reste instable.

"Nous continuons à miser sur la maîtrise des coûts ainsi que sur des investissements ciblés en faveur de la stabilité, de la qualité des produits et de l'innovation", a souligné le directeur général, Jens Fehlinger, cité dans le communiqué. Le programme d'investissement d'un milliard par an se poursuit.

La maison-mère de Swiss, Lufthansa, a enregistré de son côté un bénéfice net dépassant le milliard d'euros, plus que doublé en raison d'effets non récurrents et d'une forte hausse de la demande dans le fret au premier semestre.

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