Le géant des cosmétiques Coty est visé par une plainte de DB Ventures, la société gérant la licence de parfums de l'ex-star du football David Beckham. Selon des documents judiciaires, la plainte invoque des 'manquements contractuels graves et flagrants' aux accords de licence.

Cette action en justice constitue un nouveau revers pour la division parfums de Coty, principal moteur de son chiffre d'affaires.

DB Ventures, qui réclame au moins 41 millions de dollars de dommages et intérêts, accuse Coty d'avoir mal géré la marque en autorisant présumément la vente des parfums David Beckham dans des stations-service.

'Comment cela a-t-il pu se produire ? Par désespoir et par cupidité', indique la plainte déposée à New York le 23 avril, d'après des documents consultés par Reuters.

Coty fait également face à une action similaire de la part de Nautica qui, tout comme DB Ventures, appartient au conglomérat américain Authentic Brands. Ces procédures judiciaires sont révélées ici pour la première fois.

Bien que Coty génère l'essentiel de ses revenus grâce aux parfums, cette activité s'inscrit en repli. Le groupe s'apprête en effet à perdre plusieurs licences majeures, notamment celle de Gucci Beauty, alors que la concurrence des nouvelles marques et de rivaux de plus grande taille comme L'Oréal s'intensifie.

Le titre Coty a dévissé de 78% sur un an et le groupe a déjà prévenu d'une chute brutale de ses résultats du troisième trimestre, attendus mardi prochain.

Dans sa plainte, Nautica soutient que la 'violation flagrante et persistante' du contrat de licence par Coty a causé un préjudice irréparable à son image de marque. Les deux plaintes allèguent que Coty a eu recours à des distributeurs non agréés.

Interrogé sur ces litiges, un porte-parole de Coty a déclaré : 'Coty ne commente pas les affaires judiciaires en cours. Ces allégations sont infondées et nous nous défendrons vigoureusement.'

Authentic Brands s'est refusé à tout commentaire.

Une source sectorielle, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a affirmé que la performance des marques sous la gestion de Coty contredisait les griefs des plaignants. Selon elle, ces poursuites seraient une tactique d'Authentic pour contraindre Coty à abandonner les licences avant leurs échéances prévues en 2028 et 2030.

Les ventes annuelles des parfums David Beckham ont progressé de 71,9% entre 2023 et 2025 pour atteindre 22,9 millions de dollars, tandis que celles de Nautica ont grimpé de 34,2% à 29,1 millions de dollars, selon les données de Global Fusion, la plateforme d'intelligence de marché de Nielsen.

LES DÉFIS DU DIRECTEUR GÉNÉRAL PAR INTÉRIM

L'action Coty a touché un plus bas historique début avril. Le DG par intérim Markus Strobel, qui a succédé en janvier à Sue Nabi après son départ au bout de cinq ans, doit relever le défi du redressement du propriétaire de CoverGirl.

En février, Coty a retiré ses prévisions annuelles et prévenu que l'EBITDA ajusté du troisième trimestre devrait tomber entre 100 et 110 millions de dollars, bien en deçà des 201,6 millions de dollars anticipés par le consensus des analystes.

L'un des chantiers prioritaires sera de compenser la perte de la lucrative licence Gucci au profit de L'Oréal, prévue par les analystes pour 2028.

Par ailleurs, Authentic Brands avait annoncé en janvier, avant ces poursuites, avoir conclu un accord pour confier les licences des parfums DB Ventures et Nautica à Interparfums à l'expiration des contrats de Coty, soit en avril 2028 pour DB Ventures et en janvier 2030 pour Nautica.

Interparfums a décliné toute demande de commentaire.

Le mois dernier, le président du groupe français L'Oréal avait écarté son concurrent plus modeste, affirmant que Coty n'avait 'pas de modèle économique'.

Markus Strobel, ancien vétéran de Procter & Gamble, s'attelle à définir une nouvelle stratégie, s'engageant à allouer davantage de ressources aux marques piliers pour relancer les ventes. Coty a désigné Kylie Cosmetics ainsi que ses licences de long terme avec Burberry et Marc Jacobs comme ses actifs les plus prometteurs.

Coty a lancé en septembre une revue stratégique de ses activités de cosmétiques grand public, précisant qu'elle évaluerait diverses options, notamment des partenariats, des cessions ou des scissions pour des marques telles que Rimmel et Max Factor.