Après une longue séquence de surplace, l’énergéticien qui alimente en électricité, en gaz et en vapeur la ville de New York a vu sa capitalisation boursière tripler depuis 2010 et la fin de la crise des subprimes. Bien entendu, un cycle complet de taux au plancher n'est pas étranger à ce développement.
Au niveau des résultats, ce n'est pas tellement la croissance du chiffre d'affaires qui attire l'attention, puisque celle-ci demeure inférieure à l'inflation. Entre 2010 et 2025, les revenus de ConEd n’ont en effet que très modestement augmenté, de 13 à 16 milliards de dollars.
En fait, le principal levier d'expansion de marge fut la longue séquence de cours du gaz naturel profondément déprimés - depuis la surabondance de la production qui émerge du bassin texan du Permian, justement depuis 2010 - ainsi qu'un taux d'imposition qui s'est fortement adouci sur la période.
En dépit de ces vents porteurs, l’énergéticien a tout de même dû procéder à une série d'augmentations de capital, si bien que son nombre de titres en circulation passe de 286 millions à 355 millions en quinze ans, tandis que son endettement net fut pour sa part multiplié par deux et demi.
C'est que ConEd évolue année après année avec des cash flows négatifs, et donc avec de gros besoins de financements extérieurs. D’ailleurs, ses dépenses d'investissement ont elles aussi été multipliées par deux et demi depuis 2010, de 2 milliards à presque 5 milliards de dollars par an.
Ceci, sans compter les provisions pour la décommission du parc nucléaire que ConEd ne possède pas, mais auprès duquel il se fournit...
À cet égard, il faut faire une confiance aveugle aux résultats comptables du groupe, qui verse un dividende en croissance continue, on l'a dit, mais qui n'en demeure pas moins modeste : 2,4 dollars par action en 2010, contre 3,4 dollars par action attendus cette année.
C'est pile l'impact de l'inflation sur la période - selon les statistiques officielles du ministère du travail américain. En dollars constants, la croissance du dividende est ainsi parfaitement nulle.
ConEd supporte désormais une dette très importante, équivalente à sept fois son profit d'exploitation après amortissements. À ses actionnaires, il n'assure qu'un rendement sur dividende de 3,4 %, contre une obligation à dix ans du trésor américain qui verse elle un coupon de 4,3 %.
C'est dire la confiance peut-être trop aveugle que les investisseurs accordent à l'énergéticien new-yorkais - qui jouit c'est vrai d'une position stratégique sur un marché structurellement privilégié.


















