Plusieurs grandes banques de la zone euro, dont la Société Générale, travaillent sur des crypto-actifs liés à la monnaie unique. Cette initiative vise à pénétrer un marché dominé par le dollar américain, dans l'espoir, pour certains, de renforcer l'attractivité de l'euro.
Cependant, Mme Lagarde a estimé que l'argumentaire en faveur des stablecoins en euros était 'bien moins solide qu'il n'y paraît', car ces actifs sont sujets à des retraits massifs en période de crise et affaiblissent la capacité de la BCE à irriguer l'ensemble de l'économie via sa politique de taux d'intérêt.
'Ces arbitrages... l'emportent sur les gains à court terme en matière de conditions de financement et de rayonnement international que les stablecoins en euros pourraient offrir', a-t-elle déclaré lors d'une intervention en Espagne.
'Si nous voulons renforcer l'attrait international de l'euro, les stablecoins ne constituent pas un moyen efficace d'y parvenir.'
Elle a cité la chute de la valeur de l'USD Coin lors de l'effondrement de la Silicon Valley Bank comme exemple de risque, et a mis en avant une étude de la BCE concluant qu'une substitution massive des dépôts par des stablecoins affaiblirait le crédit aux entreprises et la transmission de la politique monétaire.
À l'inverse, Christine Lagarde a privilégié la piste des dépôts bancaires commerciaux tokenisés, soutenant qu'ils sont plus sûrs que les stablecoins tout en pouvant circuler sur la blockchain.
Ces commentaires placent la présidente de la BCE en porte-à-faux avec la Commission européenne et certains gouvernements, dont celui de la France, qui voient dans les stablecoins un levier pour accroître le statut international de l'euro.
La réglementation européenne impose aux émetteurs de stablecoins de détenir au moins 30% de leurs actifs de réserve sous forme de dépôts bancaires, le solde devant être constitué d'instruments financiers liquides et à faible risque, tels que des obligations d'Etat.
Dans un entretien accordé à Reuters cette semaine, Michael Theurer, membre du directoire de la Bundesbank, a estimé que les dépôts tokenisés et les stablecoins étaient tous deux 'cruciaux', tout en reconnaissant les risques associés à ces derniers.



















