Le Canada et l'Alberta, sa principale province productrice de pétrole, sont sur le point de s'entendre pour porter le coût effectif du crédit sur le marché du carbone industriel de la province à 130 dollars canadiens la tonne métrique d'ici 2040, a précisé une troisième source proche des négociations. Le Globe and Mail a été le premier à rapporter mercredi le coût du crédit convenu ainsi que l'échéance fixée.
L'Alberta a gelé son prix de référence pour le carbone industriel en mai 2025. Les crédits sur son marché s'échangent actuellement entre 20 et 40 dollars canadiens la tonne métrique, un niveau jugé trop bas par les experts pour inciter les pollueurs à investir dans des technologies de réduction des émissions.
Les sources, qui n'ont pas été autorisées à divulguer ces projets, ont indiqué à Reuters que M. Carney se rendra dans la capitale pétrolière pour la première fois depuis novembre, date à laquelle lui et la Première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, avaient convenu de collaborer pour stimuler l'investissement dans la production d'énergie.
Selon ces sources, il annoncera le nouveau plan de tarification du carbone industriel, visant à renforcer le régime de tarification de la pollution de l'Alberta tout en ouvrant la voie au projet de la province de proposer un oléoduc de pétrole brut d'un million de barils par jour vers la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique.
La troisième source a précisé que l'accord inclura des prix planchers progressifs pour le carbone afin de garantir que les gros émetteurs canadiens soient continuellement incités à réduire leur empreinte carbone chaque année. L'accord prévoit que le prix de référence de l'Alberta passera à 100 dollars la tonne métrique l'an prochain, contre 95 dollars actuellement, pour atteindre 130 dollars en 2036, avant de progresser de 1,5% par an à partir de cette date, a indiqué la source.
Un porte-parole du cabinet du Premier ministre n'a pas souhaité confirmer cette visite.
Les défenseurs de l'environnement souhaitaient que le prix de marché effectif des crédits carbone en Alberta atteigne 130 dollars canadiens d'ici 2030, et non 2040. Ils soutiennent qu'un calendrier plus serré encouragerait les entreprises à engager des efforts immédiats pour réduire leurs émissions.
L'Alberta et l'industrie pétrolière et gazière ont fait pression pour une mise en oeuvre plus tardive, arguant qu'un régime de tarification du carbone défavorisant la compétitivité de l'industrie canadienne ralentirait la croissance de la production des sables bitumineux, au moment où le pays cherche à accroître ses exportations d'énergie et à réduire sa dépendance vis-à-vis du marché américain.
Le gouvernement fédéral a déclaré que son approbation d'un nouvel oléoduc dépendrait des investissements des pétroliers canadiens dans la réduction des émissions via les technologies de captage du carbone.
Adam Waterous, président exécutif de Strathcona Resources, la cinquième plus grande compagnie pétrolière du Canada, a déclaré mercredi à Reuters que les entreprises ne réaliseraient pas ces investissements tant que le gouvernement ne lèverait pas l'interdiction actuelle visant les pétroliers au large de la côte nord-ouest du Canada et ne lèverait pas d'autres obstacles à la construction d'oléoducs.


















