Une députée de l'opposition canadienne a rejoint le Parti libéral au pouvoir mercredi, plaçant le Premier ministre Mark Carney au seuil d'une majorité parlementaire qui faciliterait la mise en oeuvre de son programme politique.

Les libéraux centristes, qui gouvernent en minorité depuis les élections d'avril 2025, dépendent du soutien de l'opposition pour faire adopter les projets de loi clés. Mark Carney affirme qu'une majorité est nécessaire pour répondre aux mesures commerciales du président américain Donald Trump.

Le Premier ministre s'est félicité du ralliement de Marilyn Gladu - membre de longue date des Conservateurs (droite) - déclarant que cela renforcerait le gouvernement dans une période d'incertitude mondiale.

QUATRIÈME DÉFECTION CHEZ LES CONSERVATEURS

Marilyn Gladu est la quatrième parlementaire conservatrice à faire défection au profit des libéraux depuis novembre. Un membre du Nouveau Parti démocratique (gauche) a également rejoint les rangs libéraux le mois dernier.

"Nous avons besoin d'un leader mondial doté d'un plan pour bâtir un Canada plus résilient, plus fort et plus autonome en ce moment critique, et cet homme est notre Premier ministre Mark Carney", a déclaré Mme Gladu lors d'un entretien avec ce dernier.

Les libéraux détiennent désormais 171 sièges sur les 343 que compte la Chambre des communes, soit un de moins que la majorité absolue. Ils semblent en mesure d'en obtenir au moins deux supplémentaires lors des élections partielles prévues lundi pour pourvoir les sièges vacants.

Le chef conservateur Pierre Poilievre a accusé Mark Carney de "s'emparer d'une coûteuse majorité libérale que les électeurs lui ont refusée, en recourant à des accords de coulisses". Il a affirmé dans un communiqué que Mme Gladu devrait démissionner et se soumettre au vote des électeurs lors d'une élection partielle.

Seuls les gouvernements dirigés par John A. Macdonald et Jean Chrétien ont connu davantage de défections vers le parti au pouvoir, notamment les cinq législateurs ayant rejoint Macdonald, le premier Premier ministre du Canada, en une seule journée en 1869.

Semra Sevi, professeure adjointe de sciences politiques à l'Université de Toronto, a qualifié le nombre de ralliements au gouvernement Carney d'"extraordinaire au regard de l'histoire".

"Au XIXe siècle, les changements de camp intervenaient dans un système o&ugElig; l'appartenance partisane comptait peu pour les électeurs", a précisé Mme Sevi par courriel. Pour l'ère moderne, elle estime que le nombre de politiciens de l'opposition ayant rejoint le gouvernement Carney "est sans précédent à ce rythme et dans un laps de temps aussi court".

Une majorité permettrait à Mark Carney de rester en fonction jusqu'en octobre 2029.

Selon un sondage Nanos réalisé à la fin du mois dernier, Mark Carney était le Premier ministre préféré de 54,5 % des Canadiens, contre 22,9 % pour Pierre Poilievre. Mark Carney a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de convoquer des élections anticipées.

Cette dernière défection accentue la pression sur Pierre Poilievre, qui a survécu à un vote de confiance sur son leadership en janvier après avoir perdu son avance et les élections de 2025. Le parti n'a pas pu être joint immédiatement pour un commentaire.