Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont reculé jeudi, lestées par les interrogations autour de la valorisation des géants de la tech et l'impression grandissante que la Réserve fédérale (Fed) n'est pas prête à baisser une nouvelle fois ses taux.

A Wall Street, au lendemain d'un record en clôture, le Dow Jones a perdu 1,65%. L'indice Nasdaq s'est replié de 2,29% et l'indice élargi S&P 500 a cédé 1,65%.

En Europe, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,11%. En début de séance, l'indice a toutefois atteint un nouveau record absolu à 8.314,23 points, dépassant celui de la veille.

Les Bourses de Francfort (-1,39%), Londres (-1,05%) et Milan (-0,08%) ont aussi terminé dans le rouge, tout comme Madrid (-0,23%), après un nouveau sommet historique en séance. A Zurich, le SMI a cédé 0,41%.

Quant au déblocage budgétaire aux Etats-Unis, après 43 jours de "shutdown", il avait déjà été intégré dans les cours ces derniers jours, a estimé Jose Torres, d'Interactive Brokers.

L'attention se tourne désormais vers "les indicateurs économiques américains", a souligné Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

"Les 43 jours sans données officielles ont laissé la Réserve fédérale (Fed) et les investisseurs dans le flou quant à l'état du marché du travail et aux tendances de l'inflation", a-t-il ajouté.

La présidente de la Fed de Boston Susan Collins, qui vote cette année sur les taux directeurs, a affirmé mercredi que "la barre (était) plutôt haute" pour envisager une nouvelle détente des taux à court terme, en disant qu'elle voudrait d'abord s'assurer que l'inflation décélère "durablement".

Et jeudi, un de ses collègues, Alberto Musalem, a exprimé un avis similaire selon l'agence Bloomberg, estimant que "la marge de manoeuvre pour un nouvel assouplissement est limitée sans que la politique monétaire ne devienne trop accommodante".

"On est beaucoup moins sûr d'une baisse de taux lors de la prochaine réunion de décembre et on sait que ce sont les données qui vont faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre", a expliqué à l'AFP Charlotte de Montpellier, économiste d'ING.

Dans ce contexte, le dollar perd du terrain jeudi et cédait vers 21H45 GMT 0,37% à 1,1636 dollar pour un euro.

La tech souffre

"Les actions technologiques (...) montrent des signes de fatigue", a souligné Fawad Razaqzada. "Les investisseurs paraissent de plus en plus inquiets de l'ampleur et de la rapidité avec lesquelles la thématique de l'intelligence artificielle a gonflé les valorisations."

Et certains acteurs du marché commencent à douter de "la possibilité que les importantes dépenses d'investissement dans l'IA se traduisent par des rendements élevés", a ajouté Jose Torres.

A Wall Street, Nvidia (-3,58%), Arm (-5,67%), Intel (-5,23%), Alphabet (-2,89%) ou encore Tesla (-6,64%) ont terminé dans le rouge.

Lors des dernières séances boursières, M. Razaqzada a noté une "rotation sectorielle notable" : "les investisseurs se détournent des titres à forte croissance pour revenir vers les secteurs défensifs".

Disney sans magie

Le géant du divertissement Disney a été plombé par les résultats du quatrième trimestre de son exercice comptable décalé.

Son chiffre d'affaires totalise 22,5 milliards de dollars (-0,5%), quand le marché attendait 22,8 milliards, un repli s'expliquant notamment par les performances en demi-teinte des films des studios du groupe et la confirmation de l'essoufflement de la télévision traditionnelle.

A New York, son titre a perdu 7,75% à 107,61 dollars.

Le pétrole en petite hausse

Les cours du pétrole ont retrouvé un peu d'air jeudi après leur chute de la veille, les opérateurs cherchant à estimer les perspectives de demande après la publication de plusieurs rapports clés.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont publié cette semaine, respectivement mercredi et jeudi, leur rapport mensuel sur l'état du marché pétrolier.

Les deux organismes anticipent un surplus de l'offre pour les mois à venir, mais voient aussi la demande continuer d'augmenter.

Le baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 0,48% à 63,01 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a pris 0,34% à 58,69 dollars.

afp/rp