Zurich (awp) - En manque d'impulsions et après un démarrage hésitant, la Bourse suisse passait au rouge mercredi à l'approche de la mi-journée. Si les investisseurs continuent de manière générale à faire preuve d'un enthousiasme sans modération pour les secteurs liés à l'intelligence artificielle (IA), l'évolution géopolitique au Moyen-Orient et les incertitudes quant aux négociations entre Washington et Téhéran modèrent leurs ardeurs.
La remontée des prix du pétrole et les tensions persistantes au Moyen-Orient incitent à davantage de prudence, observe John Plassard, associé de la banque Cité Gestion. Les investisseurs devraient ainsi rester attentifs à l'évolution des discussions entre Washington et Téhéran ainsi qu'aux prochains indicateurs économiques susceptibles d'influencer les anticipations de politique monétaire. Le décrochage du bitcoin représente aussi un sujet d'inquiétude supplémentaire.
Pétrole en hausse
Côté hydrocarbures, les prix du pétrole continuaient de grimper mercredi, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, bondissant vers 10h45 de 2,5% à 98,42 dollars, alors que l'équivalent américain WTI prenait dans le même temps 2,6%% à 96,22 dollars. Sur le terrain au Moyen-Orient, l'armée américaine a affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes dans la région du Golfe en ayant intercepté des missiles visant Bahreïn, abattu des drones visant des navires civils et attaqué des cibles au sol sur une île iranienne.
L'armée koweïtienne a affirmé mercredi matin que l'aéroport du Koweït a été touché par des drones, rapportant que l'attaque a fait plusieurs blessés. Alors que les escarmouches se poursuivent, les discussions entre Washington et Téhéran semblent continuer, malgré des déclarations contradictoires des deux parties.
Côté informations macroéconomiques du jour, l'activité des services en Chine a bondi en mai, selon l'indice indépendant d'activité des directeurs d'achat (PMI). Le bond représente un signe positif alors que le moral des consommateurs reste fragile et que la guerre du Moyen-Orient pèse sur l'économie. Que la guerre au Moyen-Orient se prolonge ou pas, l'OCDE s'attend à moins de croissance et plus d'inflation dans le monde en 2026, en raison de la hausse des prix de l'énergie et des engrais qui pénalisent l'économie.
Portée par la demande intérieure, l'économie helvétique ne devrait toutefois pas trop souffrir cette année, anticipe l'OCDE. L'organisme révise en légère baisse son attente de croissance du PIB de la Suisse en 2026. Une embellie est attendue dès 2027, à la faveur d'un rebond des exportations, les principaux partenaires commerciaux se remettant du choc d'approvisionnement énergétique.
Partners Group lanterne rouge
A la Bourse suisse, le SMI, après avoir ouvert sur une imperceptible hausse de 0,03%, a progressé dans les premiers échanges, avant de passer rapidement dans le rouge et de creuser ses pertes pour noter peu après 10h50 à 13'210,88 points, soit un repli de 0,71%. Le SLI abandonnait 0,91% à 2116,19 points, alors que l'indicateur élargi SPI perdait 0,64% à 18'733,14 points.
Sur les trente valeurs constitutives du Swiss Leader Index, elles n'étaient plus que huit à gagner du terrain, les 22 autres en perdant. En haut de tableau, Geberit (+0,5%) s'était fait chiper la première place par SGS (+0,6%). Le spécialiste des techniques sanitaires a annoncé le lancement d'un nouveau programme de rachat d'actions, après la finalisation anticipée d'une précédente transaction. Le poids lourd alimentaire Nestlé (+0,1) restait du bon côté de la barre, tout comme le géant pharma Roche, de peu (+0,03%).
Les deux autres plus grosses capitalisations du marché, l'autre mastodonte pharma Novartis (-0,3%) et le numéro un bancaire helvétique UBS (-0,7%), peinaient.
En fonds de classement, le gestionnaire d'actifs Partners Group dégringolait de 16,7%, tenant fermement la lanterne rouge, derrière le chimiste de la construction Sika (-2,6%), le fabricant d'arômes et parfums Givaudan (-2,2%), le fabricant d'accessoires et périphériques informatiques Logitech (-2,2%) et le sous-traitant pharma Lonza (-1,%).
Sur le marché élargi, Mindmaze Therpeutics se délestait de 4,2%. La biotech lausannoise proposera lors de son assemblée générale prévue le 25 juin l'élection de son directeur général (CEO), Zach Henderson, au conseil d'administration. Elle proposera également d'élire Brad Hollinger, ainsi que de réélire Walid Hanna comme président de l'organe de contrôle ainsi qu'Olaf Blanke et Martin Reiss en tant que membres.
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