Boeing a informé ses employés la semaine dernière de son intention de regrouper les activités d'ingénierie du 787 en Caroline du Sud, alors que la production de son célèbre biréacteur à double couloir s'accélère, a indiqué mercredi le syndicat représentant ses ingénieurs.

Cela impliquerait le transfert d'environ 300 emplois de l'État de Washington, où les ingénieurs sont affiliés à la Society of Professional Engineering Employees in Aerospace (SPEEA), vers un État non syndiqué, selon le syndicat.

Les deux conventions collectives liant Boeing à quelque 16‑000 membres de la SPEEA dans l'État de Washington expirent en octobre.

En plus de renforcer ses effectifs d'ingénieurs en Caroline du Sud, l'entreprise prévoit de recruter des ingénieurs dans l'État de Washington afin de soutenir l'augmentation des cadences de production de son célèbre monocouloir 737, a déclaré mercredi un porte-parole de Boeing à Reuters.

Les responsables syndicaux ont été pris de court par l'annonce de la semaine dernière, qui est intervenue un jour après que la direction de Boeing leur a affirmé qu'aucune décision affectant les membres du syndicat ou leur travail n'était prévue dans un avenir proche, a déclaré Ray Goforth, directeur exécutif de la SPEEA, dans un communiqué.

La SPEEA a demandé à l'entreprise plus de détails, ainsi que des garanties sur l'absence de licenciements parmi ses membres. Toutefois, Boeing n'a pas répondu, selon le syndicat.

L'annonce et le silence qui a suivi "jettent une ombre sur les prochaines négociations contractuelles", a estimé Goforth.

EXPANSION EN CAROLINE DU SUD

Boeing a augmenté ses effectifs en Caroline du Sud d'environ 10% en 2025, atteignant 9‑059 salariés, selon les données de l'entreprise.

L'essentiel des recrutements a eu lieu au second semestre de l'année dernière, lorsque le constructeur a relevé le rythme de production du 787 de cinq à huit appareils par mois. Un nouvel accroissement à 10 appareils par mois est prévu cette année.

La Caroline du Sud a été le seul État où l'entreprise a massivement embauché l'an dernier. La plupart des autres sites ont vu leurs effectifs diminuer, notamment l'État de Washington, qui a perdu 2‑500 salariés.

En décembre, le groupe a intégré environ 15‑000 employés supplémentaires au Kansas et en Oklahoma via l'acquisition du fournisseur Spirit AeroSystems. Il a également cédé 3‑900 salariés l'an passé lors de la vente de sa filiale Jeppesen, spécialisée dans les services de navigation numérique.

Boeing a terminé l'année 2025 avec un effectif total juste en dessous de 182‑000 personnes, dont 65‑000 dans l'État de Washington.

En tenant compte des opérations Jeppesen et Spirit AeroSystems, Boeing a réduit ses effectifs d'environ 1‑500 personnes l'année dernière. Ce chiffre reste bien inférieur à la baisse de 10% annoncée par le PDG Kelly Ortberg fin 2024.

À cette époque, Boeing avait envoyé plus de 4‑000 avis de licenciement, entrés en vigueur au début de 2025. Beaucoup des salariés concernés ont trouvé un nouveau poste au sein du groupe, selon un porte-parole.

Cette semaine, la division défense de Boeing supprime environ 300 emplois non syndiqués dans la chaîne d'approvisionnement, a indiqué une source proche du dossier à Reuters, alors que l'entreprise poursuit l'ajustement de ses effectifs.

Certains des salariés licenciés pourraient occuper des postes vacants ailleurs dans le groupe, selon cette source, qui n'était pas autorisée à s'exprimer publiquement sur le sujet.

"Boeing évalue et ajuste régulièrement ses effectifs afin de rester aligné sur ses engagements envers ses clients et ses communautés", a déclaré un porte-parole du groupe par courriel.

Les suppressions d'emplois dans la défense ont été révélées en premier par Bloomberg News.