Le revirement de fortune depuis la pandémie a été d'une extrême brutalité, comme en témoigne la chute de sa capitalisation boursière, qui efface près des neuf dixièmes de sa valeur - à l'image de la réduction du dividende décidée en décembre - depuis ses plus hauts atteints fin 2022.

Il est vrai que le spécialiste de l'agrochimie basé en Pennsylvanie a enchaîné les contrariétés. Un déstockage prolongé chez ses distributeurs et la pression accrue des génériques mettent à mal tant les volumes que les marges.

La situation est critique sur tous les marchés - elle entraîne d'ailleurs un retrait de FMC du marché indien - à l'exception du marché domestique nord-américain, véritable socle défensif du groupe, quoique la croissance y reste faible et qu'il ne compte que pour moins d'un tiers du chiffre d'affaires consolidé.

Chiffre d'affaires consolidé qui baisse, et qui devrait évoluer sur les trois prochains exercices à un niveau moindre que son niveau de 2018. Idem pour le profit d'exploitation, qui devrait pour sa part subir une décélération encore plus prononcée.

Ces mésaventures n'occultent pas le fait que le groupe affiche un historique opérationnel satisfaisant. Lissé sur le temps long, son profit n'a cessé de croître, de même que ses distributions de dividendes. Quant à la solvabilité, elle était considérée comme excellente jusqu'à la brutale compression du profit d'exploitation ces deux dernières années.

Désormais valorisé en bourse à moins de la moitié de la valeur de ses capitaux propres - un plus bas historique qui contraste avec une moyenne davantage ancrée entre trois et quatre fois les capitaux propres - FMC devrait donc retenir l'attention des investisseurs désireux de parier sur un retournement de cycle dans le secteur agricole.