Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) est en plein essor. Selon le Fonds monétaire international, l'économie du CCG devrait accélérer jusqu'à 4,3% en 2026. La région va injecter des fonds considérables dans les infrastructures et le tourisme, une stratégie pour diversifier ses revenus au-delà du pétrole.

Il faut dire que la région va devenir la zone la plus rentable au monde pour les compagnies aériennes. Si l'on en croit l'Association internationale du transport aérien, les transporteurs du Moyen-Orient pourraient engranger 6,8 milliards USD d'ici 2026, soit une marge de bénéfice de 9,3%, bien au-dessus de la moyenne mondiale de 3,9%.

Suivant cet exemple, l'Arabie saoudite mise également sur l'aérien dans le cadre de son plan Vision 2030. Le pays cherche à s'émanciper de sa seule rente pétrolière en investissant dans l'aviation. La région vise à doubler sa capacité passagers pour atteindre 330 millions et porter le fret à 4,5 millions de tonnes d'ici 2030.

La position géographique du CCG est un atout majeur puisqu'elle se situe au carrefour de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Près des deux tiers de la population mondiale se trouvent à moins de huit heures de vol. C'est pourquoi Boeing et Airbus considèrent la région comme leur plus grand filon. Les deux prévoient que la flotte d'avions commerciaux du CCG va plus que doubler d'ici 2044. Air Arabia bénéficie déjà de la croissance du marché aérien dans la région.

Plein régime

Le transporteur à bas coût ne chôme pas ! Il a transporté plus de 5,9 millions de passagers au troisième trimestre 2025, contre 5,1 millions sur la même période en 2024. Pour répondre à la demande, la compagnie basée à Sharjah a ajouté six nouveaux appareils à sa flotte sur les neuf premiers mois de 2025, portant son parc à 88 avions Airbus A320 et A321, en propriété ou en location. Les chiffres financiers sont également au rendez-vous.

Air Arabia a enregistré un bénéfice net record de 656 millions de dirhams émiriens au troisième trimestre 2025, soit une hausse de 16% par rapport aux 564 millions de la même période en 2024. Le chiffre d'affaires trimestriel atteint 2,04 milliards de dirhams, en progression de 14% par rapport aux 1,78 milliard enregistrés un an plus tôt.

On comprend pourquoi la compagnie est optimiste pour la suite. Elle entend poursuivre sa croissance rentable, malgré les incertitudes mondiales. Air Arabia vise à rester efficace opérationnellement, à optimiser son réseau de routes tout en surveillant ses coûts. Autre atout : l'arrivée prochaine de nouveaux Airbus A320 issus de sa commande massive de 120 appareils.

La bataille des chiffres

L'action Air Arabia profite du boom économique massif du Moyen-Orient. Sur douze mois, elle a bondi de plus de 55%. Par ailleurs, le rendement du dividende pourrait atteindre 5,8% d'ici 2028.

Les analystes restent prudents, avec un objectif de cours moyen fixé à 4,3 AED, le plus optimiste visant 5,3 AED, soit une progression à deux chiffres de 12%. Quatre analystes sur huit recommandent l'achat du titre.

Atterrissage mouvementé

Air Arabia pourrait cependant connaître quelques turbulences. La compagnie reste exposée à la volatilité des marchés mondiaux du carburant et à la persistance de l'inflation, deux facteurs susceptibles de rogner ses marges. Elle doit également faire face à une concurrence accrue, avec l'arrivée de nouveaux transporteurs en Arabie saoudite et aux EAU, sur un marché très disputé. Enfin, les retards dans la chaîne d'approvisionnement mondiale pour les pièces d'avions et la hausse des coûts liés à la transition écologique pourraient compliquer la donne. Un véritable lot de turbulences, en somme.