Depuis une décennie, les fusées de SpaceX reviennent régulièrement se poser sur des plateformes océaniques ou sont rattrapées par des bras mécaniques géants lors d'atterrissages contrôlés aux allures de science-fiction. L'entreprise a également bouleversé le marché de l'internet par satellite.
Environ 84 % des Américains connaissent l'entreprise, d'après ce sondage réalisé sur six jours et clôturé lundi. Seuls 13 % des sondés affirment n'avoir jamais entendu parler de SpaceX.
Ce niveau de notoriété est comparable à celui de Boeing, entreprise centenaire dont les avions transportent des centaines de millions de passagers chaque année, et que 14 % des répondants disent ne pas connaître. C'est en revanche bien plus que le fabricant du bombardier furtif B-2, Northrop Grumman, inconnu de la moitié des personnes interrogées.
SpaceX surpasse également des personnalités publiques de renom, comme le secrétaire d'État républicain Marco Rubio, inconnu d'un sondé sur cinq, ou le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom, ignoré par un quart des répondants. Tous deux sont considérés comme de sérieux prétendants à la Maison-Blanche pour 2028.
PROGRAMME SPATIAL
Le prestigieux programme spatial américain est devenu fortement dépendant de SpaceX, seule entité américaine capable d'envoyer des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). L'entreprise construit également un module d'alunissage crucial pour la National Aeronautics and Space Administration (NASA), lance la majorité des satellites du Pentagone et séduit l'armée ainsi que les agences de renseignement américaines avec ses vastes réseaux de satellites Starlink et Starshield.
SpaceX espère capitaliser sur cette notoriété lors de sa mise sur le marché. Selon certaines informations, elle réserverait jusqu'à 30 % des actions initiales aux investisseurs particuliers, contre 5 % à 10 % habituellement. Le prix des nouvelles actions devrait être fixé jeudi, l'opération pouvant valoriser l'entreprise à bien plus de 1 000 milliards de dollars, malgré des pertes récentes.
Environ 29 % des sondés ont déclaré qu'ils seraient susceptibles d'acheter des actions SpaceX si elles leur étaient accessibles. Cela ne signifie pas pour autant qu'un tiers du pays se précipitera sur les titres. La Réserve fédérale (Fed) estime que seul un cinquième des ménages détient directement des actions individuelles, et une grande partie de ces portefeuilles est liée à l'actionnariat salarié.
SpaceX s'avère également clivante pour les Américains qui associent l'entreprise à son PDG, Elon Musk, milliardaire ayant joué un rôle majeur au début du second mandat du président républicain Donald Trump. Quelque 74 % des Républicains interrogés par Reuters/Ipsos ont une opinion favorable de SpaceX, contre 32 % des Démocrates et 49 % de l'ensemble des Américains. La cote de popularité personnelle de Musk, à 34 %, se situe légèrement en dessous de celle de Donald Trump.
L'agence spatiale américaine, la NASA, bénéficie d'un taux d'opinion favorable de 80 %, bien que les répondants soient plus partagés sur l'exploration spatiale habitée : 38 % estiment que les coûts des missions humaines de la NASA l'emportent sur les bénéfices, tandis que 58 % jugent que l'effort en vaut la peine.
Certains expriment également des réserves quant à la commercialisation de l'espace : 33 % des sondés s'opposent à l'objectif de plusieurs entreprises privées d'exploiter les ressources lunaires. À l'inverse, 24 % soutiennent cette idée, qui figure parmi les projets commerciaux à long terme de SpaceX, et 41 % n'y sont ni favorables ni opposés.
Le sondage Reuters/Ipsos a été réalisé en ligne auprès de 4 531 adultes à travers les États-Unis. Ses résultats comportent une marge d'erreur de 2 points de pourcentage.



















