Berne (awp/ats) - Le Département fédéral des finances (DFF) a infligé une amende de 50'000 francs suisses à UBS. Des collaborateurs de la grande banque auraient omis pendant des années de signaler des soupçons de blanchiment d'argent en lien avec les comptes de l'ex-président controversé du Yémen, Ali Abdullah Saleh.

Le DFF a confirmé jeudi à Keystone-ATS cette information de la SRF. L'avis de sanction date du 4 avril dernier et est entré en vigueur à l'expiration du délai de recours de 30 jours. Il n'est pas consultable actuellement.

La banque aux trois clés aurait géré des millions de dollars pour M. Saleh. Selon les recherches de SRF Investigativ, la décision pénale porte sur un paiement de 10 millions de dollars effectué en 2009 en faveur de celui qui était alors président du Yémen par le sultan d'Oman. Le chèque aurait été remis par le fils de M. Saleh au siège d'UBS à Zurich.

La transaction a bien déclenché des alertes internes chez UBS, mais au lieu de s'adresser au Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS), des collaborateurs auraient simplement noté dans le dossier interne "qu'il est de notoriété publique que les riches dirigeants du monde arabe soutiennent leurs collègues plus pauvres avec de tels cadeaux".

Comptes soldés en 2011

Selon SRF Investigativ, les comptes de la famille Saleh ont été soldés en 2011. Mais UBS n'aurait jamais signalé les soupçons de blanchiment d'argent aux autorités. "Selon le DFF, la banque n'a pas documenté de manière compréhensible les raisons pour lesquelles elle ne l'a pas fait", écrit la SRF.

La faute des personnes responsables de l'obligation d'annonce chez UBS - non identifiées - est "considérable", estime le DFF. Concernant la banque, l'amende a été fixée à 50'000 francs suisses, dans l'hypothèse d'une négligence légère. Cela correspond au montant maximal qui peut être imposé à une personne morale dans une procédure pénale administrative du DFF.

La procédure avait été ouverte en mars 2021. Contactée par l'agence AWP, UBS n'a pas souhaité commenter l'article de presse.

ats/ol