Le Fonds monétaire international (FMI) a averti mardi l'Éthiopie que son ambitieux programme de réformes, soutenu par un accord de prêt de 3,4 milliards de dollars, fait face à des défis croissants en raison de la diminution du soutien des bailleurs de fonds, et ce malgré le respect des principaux objectifs du programme par le pays.

Dans un rapport détaillé, le FMI a salué les autorités éthiopiennes pour la mise en oeuvre de mesures d'ajustement économique, telles que la réduction des subventions, le resserrement monétaire et la réforme fiscale.

Cependant, l'institution a mis en garde contre la montée de risques, notamment le retour en force d'un marché parallèle des changes et la persistance d'une situation sécuritaire fragile, susceptibles de freiner les avancées et de compliquer la restructuration de la dette.

L'Éthiopie demeure en situation de défaut de paiement et cherche à obtenir un allégement comparable de la part de ses détenteurs d'obligations, après avoir trouvé un accord de principe avec ses créanciers officiels plus tôt cette année. « Les perspectives restent soumises à des risques baissiers en raison des défis sécuritaires et du recul du soutien des bailleurs », a déclaré Nigel Clarke, directeur général adjoint du FMI.

L'aide étrangère à l'Éthiopie est passée de 12 % du produit intérieur brut il y a dix ans à moins de 4 % aujourd'hui, avec de nouvelles coupes attendues alors que des agences comme l'USAID réduisent leur engagement. Le FMI souligne qu'un Éthiopien sur cinq a eu besoin d'aide alimentaire ou humanitaire cette année, alors que le plan de réponse des Nations unies est sous-financé et que de nombreux programmes reposent sur des dérogations temporaires.

Des avancées ont été constatées dans la libéralisation du marché des changes, mais des problèmes structurels persistent, notamment une commission de 2,5 % prélevée par la banque centrale sur les ventes de devises, une faible liquidité interbancaire et des coûts de transaction élevés. Ces facteurs ont fait grimper la prime du marché parallèle à 15 %, selon le FMI.

L'inflation a reculé plus rapidement que prévu, grâce à une politique monétaire plus stricte et à des plafonds de crédit. Malgré tout, le FMI exhorte l'Éthiopie à accélérer sa transition vers un cadre moderne fondé sur le taux directeur et à améliorer sa communication afin de renforcer sa crédibilité.

Le FMI a également exprimé des inquiétudes concernant les retards dans les privatisations et la faiblesse des investissements directs étrangers, qui pourraient compliquer les efforts pour reconstituer les réserves et combler le déficit de la balance des paiements.

Le Fonds note toutefois une amélioration des perspectives à l'export, les exportations de biens et services devant atteindre 12 % du PIB lors de l'exercice 2024/25, contre 9,6 % lors de la deuxième revue du programme. L'Éthiopie a d'ailleurs bénéficié plus tôt ce mois-ci d'un décaissement de 262 millions de dollars dans le cadre de son programme avec le FMI.