L'appétit pour le risque a nettement rebondi cette semaine sur les marchés financiers, porté par l'espoir d'une issue au conflit au Moyen-Orient et par l'annonce d'une trêve de deux semaines destinée à prolonger les négociations. Le repli des cours du pétrole a également contribué à rassurer les investisseurs. Une désescalade pourrait se dessiner dès ce week-end à la faveur des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran. Pour autant, la saison des résultats s'ouvrira dès la semaine prochaine, ce qui devrait entretenir un niveau de volatilité encore élevé.
Variations hebdomadaires*
STOXX EUROPE 600...
614,84  +3,05 %
Graphique STOXX EUROPE 600...
S&P 500
6 816,89  +3,56 %
Graphique S&P 500
NIKKEI 225
56 869,12  +6,94 %
Graphique NIKKEI 225
GOLD
4 751,41 $US  +3,07 %
Graphique GOLD
BRENT CRUDE OIL ...
94,24 $US  -15,54 %
Graphique BRENT CRUDE OIL ...
EURO / US DOLLAR
1,17 $US  +1,91 %
Graphique EURO / US DOLLAR
Tops / Flops de la semaine

Tops Europe

STMicroelectronics +16,54 % : le franco-italien s'envole aux côtés d'ASML, Infineon, BE Semi et Soitec, portés par le cessez-le-feu iranien, le retour en grâce de l'IA et les résultats de Samsung, qui multiplie par huit son profit sur les puces mémoire.

UMG +13,56 % : Bill Ackman met 55,75 milliards sur la table pour racheter la major musicale. L'offre de Pershing Square à 30,40 EUR par action affiche une prime de 78%, obligeant les actionnaires clés Bolloré et Vivendi à se prononcer sur l'avenir du groupe.

Société Générale +11,15 % : la trêve Trump et la réouverture théorique d'Ormuz réduisent la prime de risque géopolitique, propulsant SocGen à la hausse aux côtés de BNP Paribas, UniCredit, Barclays et Commerzbank.

Rexel +10,67 % : Jefferies passe de conserver à acheter et relève l'objectif de 32 à 43 euros. Le broker anticipe une accélération de la croissance portée par l'inflation des prix qui booste les marges, l'explosion des data centers et l'électrification post-crise énergétique.

Aperam +16,72 % : le cessez-le-feu efface les craintes de récession et rallume l'appétit pour les cycliques. Le sidérurgiste bondit aux côtés de Salzgitter, ArcelorMittal dans le sillage de la trêve Washington-Téhéran.

Flops Europe

Sodexo -12,42 % : suite à un audit de ses contrats et de ses actifs, le leader mondial des services de restauration abaisse ses objectifs de croissance interne du chiffre d’affaires. Le résultat net ajusté du premier semestre fiscal recule sous l’effet d’une contraction de la marge d’exploitation.

Maurel & Prom -10,85 % ouvre la voie à un repli généralisé du secteur pétrolier : Repsol, Equinor, Neste, Shell et BP plongent dans son sillage, alors que la médiation pakistanaise contribue à l’apaisement des tensions au Moyen-Orient. Ce coup de théâtre diplomatique efface plusieurs semaines de gains.

OVH -5,36 % : le groupe français publie des résultats mitigés avec un bénéfice net en repli sur le premier semestre de l’année. La croissance organique déçoit, freinée par la faible performance des segments "Cloud privée" et "Webcloud" qui éclipse le dynamisme du Cloud public.

Alstom -4,61 % : l'équipementier ferroviaire chute après s'être montré prudent lors d'une réunion de cadrage sur ses résultats trimestriels à venir. Le titre efface le rebond récent, lié à la signature de plusieurs contrats.

US tops

Avis +57,51 %: la société de location de voitures et son compère Hertz (+10%), entament leur troisième semaine de hausse sur fond de chaos dans les aéroports. Le titre évolue à ses plus hauts niveaux depuis avril 2022. 

Nebius +33,22 % : porté par la première capitalisation boursière mondiale, le spécialiste des infrastructures technologiques négocie actuellement le rachat de la startup israélienne AI21 Labs, spécialisée dans l'intelligence artificielle.

US flops

Texas Pacific-7,71 % : le décès brutal d’un membre du conseil d’administration a laissé un vide chez les investisseurs. Murray Stahl était le directeur général d’Horizon Kinetics Holding Corporation, premier actionnaire de la société. 

Okta -21,52 % : alors que la situation au Moyen-Orient semble s'améliorer progressivement, le sujet préféré des investisseurs avant le conflit, l'IA, refait surface. Avec l’arrivée du nouveau modèle d'Anthropic, les spécialistes du logiciel semblent plus menacés que jamais par la démocratisation de l'accès au codage.

 

Graphique Matières Premières
Matières premières

Énergie : Les cours du pétrole terminent la semaine sur une forte baisse d'environ 11%. Le baril de Brent s'échange autour de 95,50 USD (échéance juin 2026) et le WTI autour de 97,60 USD (échéance mai 2026). Cette chute hebdomadaire s'explique par l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran, qui a temporairement apaisé le marché. Toutefois, les prix ont rebondi vendredi. Les opérateurs s'inquiètent des nouvelles menaces sur l'offre au Moyen-Orient et du blocage continu du détroit d'Ormuz. L'accord de trêve entre Washington et Téhéran reste fragile et les combats se poursuivent dans la région. Aujourd'hui, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz représente une part minime de son volume habituel. L'Iran exige des droits de péage pour les navires de commerce qui traversent cette zone. Les Etats-Unis refusent fermement cette condition. Les investisseurs attendent donc les résultats des prochaines négociations diplomatiques, prévues ce week-end, pour évaluer la possibilité d'un accord durable.

Métaux : L’or retrouve la faveur des investisseurs et enchaîne une deuxième semaine consécutive de hausse à 4800 USD. L'annonce d'une trêve temporaire de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran explique cette progression initiale, puisqu’elle calme les prix pétroliers et par extension, apaise les craintes inflationnistes. Cependant, les prix restent très instables. Les déclarations signalant des violations de ce cessez-le-feu et la poursuite des affrontements limitent les gains de l'or. Du côté des métaux industriels, le cuivre progresse à Londres à 12700 USD, soit son plus haut niveau depuis trois mois.

Produits agricoles : Le prix du blé enregistre sa plus forte baisse hebdomadaire depuis fin juillet. Cette chute résulte directement de la publication du rapport mensuel du Département américain de l'Agriculture. L’institution annonce des stocks mondiaux nettement plus importants que prévu. Le boisseau de blé s’échange ainsi en baisse à 571 cents (contrats échéance mai 2026). Le cours du maïs suit cette dynamique négative à 443 cents, tandis que le soja résiste avec une légère hausse (1166 cents).

Graphique Matières Premières
Macroéconomie

Macro : Le cessez-le-feu, même précaire, conclu entre l’Iran et les Etats-Unis a mis du baume au cœur des investisseurs. Les actifs à risque ont très fortement rebondi à l’image des marchés actions tandis que le dollar perdait naturellement du terrain. De leur côté, obligations et pétrole semblent plus hésitants : après une nette dégringolade dans la foulée de l’annonce, ces marchés se sont repris en attendant des actions concrètes, à commencer par l’ouverture du détroit d’Ormuz. Ainsi, le rendement du 10 ans allemand tient au-dessus de son point de breakout à 2,90%, aidé non seulement par les craintes inflationnistes liées à l’énergie et par une demande de financement accrue pour soutenir l’effort d’investissement. En attendant que l’embellie se confirme, un soupçon de prudence reste de mise dans vos choix d’allocation.

Crypto : Dans le sillage des indices boursiers, le bitcoin (BTC) rebondit de +4,55% cette semaine et gravite désormais autour de 72 000 USD. Une tendance que l’on retrouve dans les ETF Bitcoin spot, qui ont enregistré 455 MUSD d’entrées nettes depuis lundi. Les autres grandes cryptomonnaies suivent le mouvement du leader : l’ether (ETH) progresse de +5% et repasse au-dessus des 2 200 USD, Solana (SOL) gagne +2% autour de 83 USD, tandis que XRP avance de +1,3% à 1,34 USD. Cette semaine, l’implication de la cryptosphère dans le contexte géopolitique vient directement du détroit d’Ormuz. Selon le Financial Times, l’Iran aurait annoncé que chaque pétrolier empruntant ce corridor maritime devra déclarer sa cargaison par e-mail afin de s’acquitter d’une taxe équivalente à 1 USD par baril, payable en bitcoin, dans quelques autres cryptomonnaies ou en yuan chinois. L’objectif serait surtout d’éviter le dollar américain et les sanctions potentielles qui y sont associées, même si cette piste reste, à ce stade, à prendre avec beaucoup de prudence et demande encore à être confirmée.

Graphique de Cours
Les marchés ont-ils touché leur point bas de l'année fin mars ? Oui, selon les investisseurs optimistes. Après avoir perdu 6,5% au cours du mois de mars, sa plus mauvaise performance en trois ans, l'indice MSCI Monde a déjà rebondi de 5% au premier tiers d'avril. Le rebond est alimenté par l'espoir d'une sortie de crise à court terme au Moyen-Orient, ce qui réduirait les craintes de hausse de prix et de récession. En parallèle, la thématique IA se réveille pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, c'est pour les fournisseurs de matériel et les grandes plateformes. Le pire, c'est pour l'écosystème du logiciel, désigné comme le grand perdant de l'automatisation du code.
Les premiers résultats du 1er trimestre des entreprises qui comptent vont commencer à tomber la semaine prochaine. LVMH, ASML et Ericsson côté européen, puis les grandes banques américaines (Goldman Sachs, JPMorgan...) et d'autres stars de Wall Street : J&J, Netflix, PepsiCo et Abbott, notamment.
En matière macroéconomique, il y aura beaucoup de statistiques chinoises et peu d'indicateurs de premier plan ailleurs. Les prix à la production aux Etats-Unis auront toutefois une saveur particulière à cause des tensions sur les prix de l'énergie en mars.
La rédaction vous souhaite une bonne fin de semaine.
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*Les variations hebdomadaires des indices et des actions affichés sur le tableau de bord concernent la période du lundi à l'ouverture des marchés respectifs au vendredi à l'heure d'envoi de cette newsletter.
Les variations hebdomadaires des matières premières, métaux précieux et devises affichés sur le tableau de bord concernent une période sur 7 jours glissants du vendredi au vendredi jusqu'à l'envoi de cette newsletter. Ces actifs continuent de coter les weekends.